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Amélie |
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Vous êtes moi |
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| Très chère impératrice que
j'admire de toute mon âme, j'ai découvert votre
véritable histoire il n'y a même pas 5 jours. Je connais
malgré cela toute votre vie ou du moins le plus important. Je
comprends votre situation je sais ce que c'est la souffrance car moi je
l'ai accumulée pendant des années bien qu'étant de
15 printemps. Je suis considérée comme gothique dans mon
lycée, je porte les couleurs du deuil de mon âme et en
lisant votre histoire des larmes ont coulé sur le poème
que j'ai écris pour vous car je vois votre souffrance, votre
volonté de vous effacer de ce monde qui malgré la
centaine d'années qui nous séparent, n'a pas grandement
changé. Vous êtes comme moi. Froide, déçue
par la race humaine et par la société dont vous avez
pressenti le déclin. J'ai vécu des problèmes
d'alimentations moi aussi et je ne me trouve pas jolie. En ce point je
me reconnais à travers votre vie. La perte d'êtres chers
pour vous a fait de vous une ombre qui essaye de disparaître et
qui aimerait que le repos qu'est la mort l'emporte. Votre amour de
jeunesse dont vous parlez est bien sûr une amourette qui avec le
temps vous a fait prendre conscience de votre mal-être à
la cour. Je vous comprends comme je n'ai jamais compris quelqu'un et
même si les gens autour de moi se moquent de moi car je
m'intéresse à la vie d'une princesse dont ils croient que
l'existence est fidèle à la représentation que
Romy Schneider a faite de vous. Alors je leur raconte votre histoire,
je leur dis que votre vie était une accumulation de chagrin et
de regrets. Et ils comprennent enfin. Je vous rends hommage en
détruisant l'image que les gens ont de vous c'est à dire
une femme heureuse et amoureuse jusqu'à sa mort de son mari
à qui elle restait accrochée. Mes sincères
salutations, Impératrice, en espérant que vous me
répondrez... Amélie Chère Amélie, Je vois que la tristesse et le désenchantement ne sont pas l'apanage d'une vieille dame de soixante ans, vivant au XIXe siècle! J'ai longuement réfléchi aux mots d'encouragement que je pourrais vous apporter... À quinze ans, j'étais encore remplie de joie, de force de vivre. C'est un mariage brusqué qui a tout brisé. C'est le carcan de la Cour qui a failli me dessécher à jamais, jusqu'à ce que je prenne la fuite. Vous avez encore la vie devant vous, chère enfant. Vous vivez heureusement à une époque où on ne vous marie pas à 16 ans, et où votre destin n'est pas scellé pour toujours à un âge si tendre. Contrairement à ce que fut mon cas, vous avez certainement le pouvoir de disposer de votre vie, de votre avenir. Alors que moi, je devais obéir à mes obligations de jeune fille de la noblesse, qui m'empêchaient «d'envoyer promener un Empereur d'Autriche». Je vous remercie de rectifier l'image que votre génération se fait de moi. Le goût du romanesque, lui non plus, n'est pas près de s'éteindre, et c'est sans doute pourquoi les films que vous évoquez ont créé une image si durable et si difficile à changer. Je vous mets sous la protection du Grand Jéhovah, chère enfant, et Le prie qu'Il vous donne une paix et une sérénité que je recherche moi-même en vain depuis si longtemps. Peut-être aura-t-Il davantage à coeur de vous la donner, à vous si jeune, qu'à moi si vieille et qui a tout, selon le monde. Sincèrement, Élisabeth |
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