Vision de la Dame en noir
       

       
         
         

Louis II

      Elle se glisse au long du caveau
La tendre amie.
De son doux visage elle darde
Les yeux de folle, d'errante,
Sur la plaie béante:
Pourpre sanglante
Où repose le Roi exsangue.
Elle est venue porter larmes
Et fleurs sur ma dépouille.

Combien je t'en remercie, ma douce colombe!

Ludwig
         
         

Impératrice Sissi

      Oui, j'étais un roi de légende,
Trônant sur un haut rocher
Un lys gracile était mon sceptre
De scintillantes étoiles ma couronne.

Des profondes et douces vallées,
Des vastes et riches cantons,
Le peuple respectueusement
Se tournait vers son roi.

Mais la lâche racaille de Cour
Et la famille elle-même en secret
Tissaient perfidement leurs filets,
Ne souhaitant que ma chute.

Ils envoyèrent sbires et médecins
S'emparer de «l'insensé»
Comme traîtreusement le braconnier
Prend dans ses rets le noble cerf.

Cette liberté qu'ils voulaient me ravir,
Cette liberté, je l'ai trouvée dans les flots;
Mieux valait qu'ici mon coeur s'arrête
Que de dépérir dans un cachot!

Pour toi, cher Aigle des montagnes, le salut de la Mouette marine... le dialogue, étrange et fantastique, s'est interrompu aux yeux des insupportables humains, mais nos âmes, toujours, savent se rejoindre au-dessus du temps...

Elisabeth


 



 

Louis II


 
Ah! Elisabeth! Je constate en tes vers combien nos âmes étaient unies par le même Destin. Et elles le demeurent, par-delà la mort, malgré la longue séparation — alors se renoue le dialogue interrompu.

Un merci et un baiser

Louis