Sylvie
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Séjours dans le sud de la France

   

Votre Majesté,

Voilà déjà quelques temps que je voulais vous écrire, mais je n’osais le faire. Je vous connais depuis l’âge de 6-8 ans, (je ne sais plus exactement, je vais en avoir 40), mais c’est par mon arrière grand-mère (elle est née en Mars 1891, un peu comme les enfants de Marie-Valérie), que j’ai eu l’honneur de faire votre connaissance. Effectivement, c’est elle qui m’a incitée à vous « rencontrer » à travers les livres et les films sur vous. Je suppose qu’elle devait vous admirer, je n’ai malheureusement pas eu le temps de parler suffisamment avec elle car j’étais trop petite à ce moment-là, mais avec le recul on se rend compte que l’on passe à côté de beaucoup de choses. Voilà ce qui concerne notre « rencontre ».

Je souhaitais vous poser une question : vous parlez de vos séjours au Cap Martin où l’impératrice Eugénie séjournait aussi, mais vous aviez également séjourné (pardon pour les répétitions) à l’Hôtel La Réserve de Beaulieu sur mer. Quels souvenirs en gardez-vous ? Aviez-vous eu le temps de vous promener au Cap Ferrat (où le Roi des Belges possédait plusieurs résidences) ? Si tel est le cas, pourriez-vous me dire quels en sont vos souvenirs ?

C’est le lieu où je réside, vous comprendrez pourquoi j’y attache de l’importance.

Dans l’espoir de recevoir une réponse de votre part, je vous souhaite, Chère Elisabeth, une bonne nuit.

Votre nouvelle amie, Sylvie.


Chère Sylvie,

Le sud de la France est en effet devenu ma destination privilégiée, avec la Suisse. J’aime m’y rendre lorsque l’automne commence à menacer en Autriche, et lorsque ma sciatique me fait sentir que je dois rapidement trouver un endroit plus chaud pour passer l’hiver, à l’instar des grands oiseaux migrateurs.

Je n’ai jamais croisé le roi Léopold – que je ne prise guère d’ailleurs – au Cap Ferrat, ni beaucoup de têtes couronnées en général, car mon désir de solitude et d’incognito me fait éviter ces endroits pendant les « saisons » officielles. Je m’y rends de préférence en septembre ou en octobre, lorsque les souverains sont de retour dans leurs capitales, et je peux ainsi jouir de la promenade à mon aise. Beaulieu-sur-mer est, comme son nom l’indique, un «beau lieu» que j’aime beaucoup fréquenter. Je n’ai pas d’opinion particulière sur l’Hôtel
La Réserve, ni sur aucun des hôtels où je séjourne d’ailleurs, car je passe le plus clair de mon temps à l’extérieur, et je ne rentre que pour prendre un repas réduit au minimum – un verre de lait dans ma chambre, la plupart du temps – ou pour dormir. Je passe le reste de mes journées en excursions. Je ne me rends certainement pas sur la Riviera pour les casinos, mais surtout pour le climat, pour la vue magnifique sur la mer, les jardins, et j’aime me recueillir de temps à autre dans la chapelle de Santa Maria de Olivio. Tout y est grandiose, le ciel y est d’un bleu que je n’ai vu nulle part ailleurs qu’en Grèce. Je vous envie d’habiter un endroit si paradisiaque toute l’année, mais en ce qui me concerne, si je devais séjourner quelque part pour toujours, le paradis même me deviendrait un enfer.

Amicalement,

Élisabeth