Anais Demay
écrit à

   


L'ImpératriceSissi

     
   

Quand on s'aime...

    Excusez moi, mais j’ai une question. Comment lesent-on quand on aime?

Merci d’avance.

Chère demoiselle,

Votre «superquestion» est à la fois troplarge et trop précise pour amener une réponse bientranchée. Au reste,pour vous répondre, il faudrait que j’aie moi-mêmedéjà aimé! Et rienn’est moins sûr…

J’ai pour Franz une profondetendresse et leplus grand des respects. Il est l’être au monde que je souhaitelemoins chagriner. Je me soucie de sa santé, de sonbien-être, j’essaiedans la mesure du possible de le rendre heureux; comme je n’y arriveplus moi-même depuis longtemps, je me suis assurée qu’une«doublure»remplisse ce rôle, et il m’en est reconnaissant. Cela nel’empêche pasde m’inonder de lettres tendres, de me rapporter tous ses proposéchangés avec l’Amie, ce qui prouve à quel pointcette amitié n’altèrepas son amour pour moi et qu’il n’a rien à me cacher. Mais jesais trèsbien que je n’éprouve pas envers lui l’amour qu’il aéprouvé pour moidès le premier jour où il m’a vue.  Je ne puis doncvous aider, chèreenfant.  Depuis que j’ai perdu mes illusions sur l’amour, je nel’aiplus jamais recherché. Je me suis rendue inaccessible àl’amour, telleTitania reine des fées trônant au-dessus des sentimentshumains, et jen’ai plus jamais cherché à donner mon cœur de peur de levoir à nouveauvoler en mille morceaux.

Sincèrement,

Élisabeth