Élodie
écrit à




L'Impératrice Sissi






Pour l'Impératrice



À son Altesse Impériale.

Bonjour Madame,

Comment allez-vous? vos enfants? et votre époux?

Je ne comprends pas pourquoi les femmes de votre rang ne peuvent pas donner le lait à leurs enfants.
Si je vous ai aimée c'est grâce à Romy Schneider: si je peux me permettre, pourquoi la détestez-vous?
Je suis désolée si je vous pose ces questions indiscrètes.

Élodie de France

Votre Altesse,

Pardonnez-moi l'histoire de Romy.

Pouvez-vous me dire en quelle année nous sommes?

Pour les corbeaux:
1= La mort
2= Contentement ou autre chose
3= Mariage
4= Naissance

Pouvez-vous me parler d'Hélène votre sœur? Merci pour vos réponses, elles me font chaud au cœur.

Élodie de France

Chère Élodie,

J’avoue ne pas très bien comprendre votre question, à la façon dont elle est rédigée. Vous écrivez :

« Pour les corbeaux:
1 – La mort
2-  Contentement ou autre chose
etc…»

Dois-je comprendre que vous désirez savoir la signification que j’attache aux corbeaux? J’admets être un peu superstitieuse, mais je ne crois pas l’être davantage que bien des gens autour de moi si je vous dis que le passage d’un corbeau n’est jamais un très bon présage…

Quant à l’année, eh bien j’ignore de quelle année exactement vous m’écrivez, mais pour ma part je vous écris par un beau jour d’été 1898, dans le petit pavillon de marbre rose que je me suis fait construire à Ischl. C’est mon petit endroit privé pour m’échapper, écrire, rêver, recevoir ma fille et ses enfants pour le thé… Par la fenêtre, je peux apercevoir le Jainzen, ma montagne magique, et sa vue suffit parfois à m’apaiser.

Ma sœur Hélène était un noble cœur. Elle est décédée d’une longue maladie il y a quelques années, après avoir vécu la douloureuse perte de son époux tendrement aimé et de son fils aîné. J’étais très proche d’elle, et sa mort m’a bouleversée.  Elle avait toujours été ma grande soeur, ma préférée pendant longtemps, elle a été là pour moi lorsque j’étais si malade, venant me visiter à Madère, essayant de faire comprendre à Franz –qu’elle avait failli épouser!– que c’était en grande partie ma belle-mère et sa coterie qui m’avaient rendue malade… Elle a vécu seulement dix années de bonheur avant de perdre son mari, l’excellent Maximilien de Turn und Taxis.  «Nous avons bien souffert dans notre vie» lui ai-je dit quelques heures avant sa mort. «Oui, parce que nous avions un cœur» m’a-t-elle répondu. Le sien était grand comme le monde.

Amicalement,

Élisabeth

Merci beaucoup, je vous écris depuis l'année 2008.

Je suis désolée. Moi aussi je viens de perdre ma tante (le 26 juin 2008). Elle est morte à trente-trois ans d'un cancer.

Amicalement,

Élodie