Pays non visités
       

       
         
         

La Juju

      Je voudrais savoir quels pays tu n'as pas visités??
          
          

Impératrice Sissi


 
Ma chère âme,

Évidemment, lorsqu'on observe mes pérégrinations permanentes, on peut avoir l'impression que j'ai visité un nombre incroyable de pays. J'ai vu beaucoup de beaux endroits dans ma vie, mais vous serez surpris d'apprendre que nombre d'entre eux se trouvent souvent dans un même pays. J'ai donc visité plusieurs endroits différents en Allemagne (Prusse, Bavière, Saxe...), en France, en Italie, en Suisse et surtout en Grèce, où je retourne encore très souvent. Je suis allée à quelques reprises en cure en Hollande, pour ma sciatique, et j'ai effectué de nombreux voyages de chasse en Irlande et en Angleterre, surtout dans les années 1870-80.

J'ai toujours regretté de ne pas avoir pu visiter l'Amérique et les îles de l'Atlantique. En fait, je ne me suis jamais beaucoup éloignée sur l'Océan, mis à part mes deux voyages à Madère, en 1860 et en 1893. En général, mon navire longe les côtes. Également, je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter les pays scandinaves tels le Danemark, la Suède ou la Finlande. Et malgré toutes les rencontres officielles que j'ai pu avoir avec les tsars Alexandre II et Alexandre III, je n'ai jamais posé le pied en Russie. Je ne suis jamais allée en Chine ni au Japon, et tout le sud de l'Afrique m'est également inconnu. Les seuls pays d'Afrique où j'ai abordé sont ceux qui donnent sur la Méditerranée, comme l'Algérie, le Maroc et l'Égypte. Et là encore, je n'ai visité que les capitales de ces pays. Des voyages-éclair, en quelque sorte. J'aurais également aimé connaître l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie, mais mon époux m'a demandé instamment de renoncer à aller si loin. Me savoir sur l'Océan, sans pouvoir communiquer avec moi de quelque façon que ce soit, le mettrait dans des transes épouvantables. Comme je ne souhaite pour rien au monde lui causer du chagrin ou des soucis supplémentaires - le pauvre en a bien suffisamment comme cela - j'y ai renoncé. À regrets, car la mer m'attire dès que je la regarde. Chaque navire qui part me donne envie d'être à son bord, peu importe sa destination. D'ailleurs, une destination n'est souhaitable que parce qu'elle présuppose le voyage. Serais-je obligée de demeurer à un endroit pour toujours, le Paradis lui-même me paraîtrait un enfer.

Amicalement,

Élisabeth