Majesté,
Le plus beau film qui parle de vous et de sa majesté Ludwig II,
c'est le Crépuscule des dieux de Visconti.
Je vous remercie infiniment, car vous m'avez donné l'envie
d'apprendre le hongrois et le grec moderne et ancien -l'allemand je
connais, ayant vécu en Bavière.
Recevez, Madame, mon profond salut.
Chère Chantal,
Il est significatif qu'on ait
pensé à intituler un film sur le roi Louis II Le Crépuscule des Dieux, puisque c'est également le titre
d'un opéra de Wagner. Lorsque l'on connaît le lien entre
Wagner et mon royal cousin, tout s'explique, et ce titre peut comporter
un sens propre comme un sens hautement figuré.
Je suis heureuse de vous avoir
donné le goût d'étudier les langues, chère
amie. Le grec ancien m'a surtout aidée à lire les grands
classiques dans le texte, comme Homère, Eschyle ou Euripide,
alors que le grec moderne m'a servi dans mes contacts avec la
population lors de mes voyages à Corfou. J'ai
étudié la langue «démotique» et non le
grec savant, la «catharévoussa», car je souhaitais
avant tout parler comme les neuf dixièmes de la population, et
non comme les professeurs et les politiciens. Ce souci a
également guidé mon apprentissage du hongrois; bien que
pouvant lire la langue «intellectuelle» des Jokaï,
Eötvös et Petöfi, je me suis concentrée à
connaître, de façon plus poussée, la langue
parlée par la population plutôt que le langage de
l'élite.
Il en était de
même dans ma jeunesse. Jeune, je parlais chez moi bien davantage
le dialecte bavarois que la langue châtiée diffusée
par Goethe. C'est surtout à travers Heine que j'ai connu tout ce
que ma propre langue pouvait avoir de riche et de profond.
Bonne étude,
chère amie.
Élisabeth

