Les nuages et la brume wagnérienne
       

       
         
         

Ludwig Wittelsbach

      Votre majesté,

Je suis celui qui est sorti de la tombe pour pouvoir écrire ces mots: cette relation passée a bouleversé mon existence, par Dieu vous n'étiez pas comme la chère Sophie et vous ne jugiez pas si je me souviens bien.

Le bouquet dans mes mains est à jamais contre mon corps et dans mon âme.

Je ne me souviens plus si vous aimiez les oeuvres de Richard. Personnellement c'était Tannhauser, et vous?

Bien à vous, je crois qu'il faut que j'y retourne...

Ludwig
         
         

Impératrice Sissi

      Oui, j'étais un roi de légende
Trônant sur un haut rocher
Un lys gracile était mon sceptre
De scintillantes étoiles étaient ma couronne


J'ai eu beaucoup de mal, oui, beaucoup de mal à me remettre du départ de l'Aigle, ma raison a un instant vacillé... j'étais persuadée que tu n'étais nullement mort, mais feignais seulement de l'être afin que les insupportables humains le laissent en paix pour toujours. Puis, je me suis soumise aux décrets du Grand Jéhovah qui, lorsqu'Il se met à détruire, peut être terrible comme la tempête.

Je ne suis pas férue de musique, je préfère le théâtre de Shakespeare et la poésie de Heine. Mais en souvenir de l'Aigle, j'ai fait en 1888 le pèlerinage à Bayreuth afin d'assister à une représentation de Parsifal. J'ai reçu cette musique en plein coeur, Cosima Wagner elle-même a pu le constater. J'en suis restée longtemps pleine de nostalgie, comme devant quelque chose qui ne devrait jamais finir...

Avec toute ma tendre affection,

Elisabeth