Ariane
écrit à

   


L'Impératrice Sissi

     
   

Le nom de vos frères et soeurs

   

Chère Impératrice,

Je connais un peu ce qui concerne votre vie, mais pas plus que cela. Je me demandais quelques petites choses à votre sujet. Lorsque vous vous êtes mariée, vous aviez quinze ans, mais quel âge avait Franz? J''aimerais aussi savoir le nom de vos frères et soeurs. Une dernière question pour conclure: si votre première fille n'avait pas été nommée Sophie, comment l'auriez-vous appelée?
 
Merci  à l'avance de votre réponse,
 
Ariane


BR>Chère Ariane,

Lorsque j’ai rencontré François-Joseph, en août 1853, j’avais exactement quinze ans et demie (je suis née en décembre 1837), et nous étions à Ischl pour célébrer le vingt-troisième anniversaire de Franz.

Voici les noms de mes frères et sœurs : l’aîné se nomme Ludwig, ma sœur aînée se nomme Hélène mais nous l’avons toujours surnommée «Néné». Je suis la troisième, et suivent après-moi mon frère préféré Karl-Théodore (surnommé «Gackel», c'est-à-dire «petit coq»... ce qui vous renseigne sur son caractère!), suivi de ma sœur Marie, puis Mathilde (que nous surnommons «Spatz» ou «Moineau» à cause de son incessant gazouillis mélodieux), ma sœur Sophie, et finalement mon frère Max-Emmanuel, surnommé – nous avions la marotte des surnoms! – «Mapperl».

Finalement, je n’ai jamais eu le temps de songer à un autre nom pour ma fille aînée. Ma belle-mère a imposé son choix dans les minutes qui ont suivi la naissance et mon époux, tout à sa joie de nouveau père, a accepté avec enthousiasme. Peut-être est-ce mon aînée qui se serait nommée Gisèle, à la place de ma cadette... Ou bien, si on m’avait laissée choisir la marraine, ma mère par exemple, elle aurait pu s’appeler Ludovica – que l’on aurait pu franciser en «Louise», comme on le faisait bien souvent à la Cour. Peu importe désormais, chère enfant. Les portes de la Crypte des Capucins se sont refermées à jamais sur cette petite fille depuis plus de quarante ans. Peu importe son nom, c’est une partie de mon cœur qui est enfermée là, avec elle, dans ce minuscule cercueil à peine plus grand qu’une boîte à poupée.

Sincèrement,

Élisabeth