|
|
Votre Altesse impériale,
Après vous avoir sollicitée deux ou trois fois, je suis
heureuse de vous annoncer la parution de mon ouvrage qui reste
très respectueux de votre altesse et qui, bien sûr,
démonte la rumeur selon laquelle vous auriez accouché
d'un enfant adultérin à Sassetot-le-Mauconduit.
Au contraire, je suis une âme du futur qui ne vous veut que du
bien, et ce livre vous plairait, j'en suis certaine!
On vous y voit pétillante, passionnante, intelligente et
tellement riche de la vraie beauté: la beauté
intérieure.
Vous partagez avec S. A. S. le prince Albert premier de Monaco, l'amour
de... la mer!
J'espère que vous ferez tout pour faciliter le succès de
cet ouvrage car, entre nous, j'y ai investi beaucoup de temps, et…
d'argent!
À dire vrai, je ne l'ai quitté qu'à regret, parce
que vous êtes une femme inspirée, et inspirante.
Ma respectueuse considération ne vous a pas quittée.
Chère Michelle,
Dois-je comprendre «démonte» ou
«démontre»? Je serais fort déçue que
votre ouvrage supporte cette assertion ridicule qui a été
véhiculée par ma nièce Marie Larish (avec nombre
d'erreurs de dates, d'ailleurs!). Je ne suis allée à
Sassetot qu'une seule fois, et ce fut certainement mon plus
décevant séjour de vacances!
Pour ce qui est de mon amour de la mer, vous m'avez parfaitement bien
cernée, chère âme. Vous savez que les Anciens
disaient «Dieu» en regardant la mer? Je ne me lasse pas de
me bercer sur ses vagues, et, plus elle rugit, plus je suis heureuse!
Je me fais parfois attacher à un mât, lors de
tempêtes, non pour m'empêcher de tomber, mais au contraire
pour m'empêcher de céder à la tentation de devenir
moi-même une vague écumante...
Je vous souhaite tout le succès possible, chère amie.
J'espère simplement que le portrait que vous dressez de moi sera
plus réaliste que ce que l'on m'a rapporté de certains
romans et films de votre époque.
Sincèrement,
Elisabeth
|