La vie à la cour impériale
       

       
         
         

Marie

      Très chère Impératrice Sissi,

J'aimerais savoir ce que vous trouvez de plus difficile dans la vie à la Cour Impériale et quels sont vos plus grands bonheurs? Je suis une de vos fans et je trouve très intéressant de pouvoir communiquer avec vous.

Merci de votre attention,

Marie xxx
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Marie,

Mes plus grands bonheurs sont, pour la plupart, reliés à ma fille Valérie. Sa naissance fut définitivement le plus beau moment de ma vie, de même que certains voyages que nous avons faits ensemble. Dans son adolescence, ma fille fut une véritable amie et une confidente pour moi et elle me manque beaucoup. Son mariage fut un véritable arrache-coeur, mais lorsque je vois à quel point elle est heureuse, je me rends compte qu'aucun homme n'aurait été plus digne que François-Salvator pour recevoir mon plus grand trésor. J'ai aussi été très heureuse à l'époque où je me consacrais à la chasse à courre. Il est impossible de penser à quoi que ce soit lorsque le cheval vous emporte à fond de train, et ces moments, en pleine nature, au milieu de gens qui m'aimaient, sont pour moi des souvenirs très précieux même si j'ai parfois l'impression qu'ils ont été vécus dans une autre vie.

Ma chère enfant, le simple fait de «vivre» à la Cour est déjà, en soi, difficile. À la Cour, on ne doit pas «vivre». On doit paraître, sourire, faire semblant de trouver les gens intéressants, ne pas rire, ne pas penser... On doit tout juste respirer. Je n'ai pas su m'habituer à cette vie de vitrine, où tous les élans du coeur étaient résolument contrés par l'étiquette. Voulais-je embrasser une cousine venue en visite? On me faisait remarquer que, cousine ou pas, elle était tenue au baisemain. Je devais garder mes distances avec les êtres qui m'étaient le plus cher, et vivre quotidiennement avec des gens qui, au contraire, ne m'étaient rien. Une fleur sauvage transplantée dans un pot. Si j'étais restée là, comme on me le demandait, je serais probablement devenue une vieille femme à quarante ans.

Amicalement,
Elisabeth