La quête? |
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| Madame, Est-ce une douleur secrète et profondément enfouie qui forçait Votre Majesté à fuir sans cesse sa famille et ses palais, ou bien ne doit-on voir dans ses voyages que caprices et individualisme forcené? Qu'avez-vous donc recherché votre vie durant, Madame? Ma question est abrupte et hardie mais, daigne Votre Majesté songer qu'en me parlant d'elle elle éclairera peut-être ma lanterne. |
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| Ce que je cherchais? Mais simplement la paix, mon pauvre ami...
En fait, la réponse à votre question tient tout entière dans
la remarque que j'ai faite à ma mère, le jour où l'empereur
m'a demandée en mariage: «Si seulement il n'était pas empereur!»
Toutes mes actions par la suite, chacun de mes comportements qu'on a considérés
comme excentriques trouvent leur explication dans cette simple phrase. Nul caprice
dans ma fuite, mon cher Monsieur. Simplement une nécessité impérieuse
de fuir cet endroit où je me desséchais, d'où la joie et la
simple spontanéité étaient bannies. Je n'avais que quinze ans,
et on s'attendait à ce que je trouve mon bonheur au milieu de personnes sévères
ayant 3 ou même 4 fois mon âge! Si vous considérez comme «individualisme
forcené» le simple fait de vouloir déjeuner en tête-à-tête
avec mon époux, prendre mes enfants dans mes bras ou parler à quelqu'un
sans me soucier du nombre de ses quartiers de noblesse, alors oui, je confesse un
individualisme forcené. Peut-être, si on avait su dès le départ
me sensibiliser à mon rôle, aurais-je mieux compris qu'une Impératrice
n'est pas une personne privée... Mais on m'a confinée au rôle
de pondeuse d'enfants ó que je n'avais pas le droit d'élever ó et de jolie
potiche qui ne devait surtout pas émettre une quelconque opinion. J'ai essayé,
bien sincèrement essayé, de faire ce qu'on attendait de moi mais ó
on l'oublie trop souvent ó je n'ai pas grandi dans un «milieu de cour»
et toutes ces réceptions, représentations et interdictions m'ont vite
paru insupportables. Voilà qui, je l'espère, répondra à
votre question, mais n'hésitez pas à m'écrire à nouveau
si vous désirez d'autres précisions. Je sens que votre question est
posée sans malveillance et par simple désir de savoir. Je me ferai
donc un plaisir de vous répondre à nouveau. Élizabeth |