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Margot |
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L'amour entre vous et Franz |
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Chère Sissi, Chère Margot, N'ayez crainte, j'apprécie cette familiarité. À l'âge que j'atteindrai bientôt (soixante et un ans dans quelques mois), je vois s'amenuiser de jour en jour le nombre de personnes autorisées à m'appeler par mon prénom. L'amour a de nombreuses facettes, chère Margot. L'amour que j'ai pour Franz, s'il ne s'est jamais rapproché de cet amour intense et inconditionnel -car avec tous mes caprices, dont je suis consciente, on peut effectivement parler d'amour inconditionnel!- j'éprouve pour lui quelque chose que je n'éprouve pour nul autre. Dans mes poèmes, par exemple, si je critique férocement son entourage et la politique, jamais je ne l'attaque, car les coups qu'il a reçus, tant dans notre vie personnelle que dans son règne, sont si nombreux qu'il ne peut inspirer autre chose que du respect. Nous avons traversé tant d'épreuves ensemble... Quelques joies, de beaux moments, et bien des larmes qui nous ont unis bien autrement que l'aurait fait une simple passion romantique. Je ne l'ai pas aimé comme il m'aime, je l'avoue. J'y étais disposée, j'étais vraiment éprise, au moment de notre mariage, mais ce sentiment naissant a été étouffé par les horaires, par les déceptions, par l'archiduchesse qui nous empêchait de vivre simplement ensemble. L'amour que j'aurais pu avoir pour lui n'a jamais pu se déployer complètement. Il a été remplacé par autre chose d'aussi beau, d'aussi solide: une confiance mutuelle jamais démentie, une affection sans bornes: il est l'être au monde que je souhaite le moins chagriner. Et je n'ai qu'un souhait: ne pas lui survivre. Sincèrement, Élisabeth
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