Julie
écrit à




L'Impératrice Sissi






La maison de France



Votre Majesté,

Étant férue de généalogie, j'ai pu constater que vous descendiez par votre mère d'un frère de la Reine Marie-Antoinette de France. Je me demandais donc par conséquent quel lien vous entretenez avec la maison de France. J'entends par-là avec Napoléon III et l'impératrice Eugénie. Je crois d'ailleurs savoir que votre père était un fervent bonapartiste.

Je vous souhaite, Votre Majesté, d'être en paix avec vous même et avec ceux qui vous entourent.
Julie


Chère Julie,

Les liens que j'ai pu entretenir avec Napoléon III et Eugénie doivent davantage à la politique du XIXe siècle qu'à une quelconque appartenance à un arbre généalogique! D'ailleurs, n'oubliez pas que ma mère est également la sœur de l'impératrice douairière Caroline-Augusta, troisième épouse de l'empereur François 1er d'Autriche, et donc belle-mère de Marie-Louise, épouse de Napoléon 1er! Les branches des arbres généalogiques Bourbon, Habsbourg et Bonaparte se sont donc entrelacées bien avant ma naissance!

J'ai rencontré Napoléon et Eugénie pour la première fois en août 1867, lors de la visite de condoléances qu'ils nous ont faite à Salzbourg, après le décès de Maximilien au Mexique. Étant donné les circonstances de cette visite -plusieurs considéraient que Napoléon était responsable de la mort de Maximilien, après qu'il eût rapatrié en France ses troupes stationnées au Mexique- il nous a été impossible de manifester publiquement la moindre intimité, mais le fait est que j'ai vite trouvé Eugénie très sympathique. Depuis la chute de l'Empire, elle se fait appeler la comtesse de Pierrefonds, et je la rencontre parfois lorsque je passe l'hiver sur la Rivera française. Elle a enduré bien des malheurs: l'exil, la mort de son mari, puis de son fils adoré.... Nous nous comprenons à demi-mot, et nos rencontres sont toujours cordiales.

Il est vrai qu'en Bavière, le nom de Napoléon Bonaparte est vénéré, puisqu'il est à l'origine de la création du royaume de Bavière. Comme tout bon Bavarois, mon père avait une certaine admiration pour Napoléon, mais je vous dirais que, fervent républicain comme il l'était, il admirait surtout le général Bonaparte et le premier consul. Tout comme Beethoven, qui a déchiré sa dédicace à Napoléon lorsqu'il a écrit l'«Héroïque» («ce n'est donc qu'un homme comme les autres!» se serait-il exclamé), je crois que mon père a été déçu par Napoléon, l'Empereur. Mais n'oubliez pas que mon père est né en 1808, et avait donc à peine sept ans lorsque l'épopée impériale s'est terminée. Il n'a donc pu vraiment la connaître qu'à travers les livres et les récits qu'on lui en a faits. Personnellement, je n'ai jamais compris pourquoi cette personnalité d'exception a ambitionné une couronne impériale.

Amicalement,

Elisabeth