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Guten Tag Kaiseraine Élisabeth,
Ma question est la suivante: à votre connaissance, existe-t-il
à mon époque une princesse ayant connu une histoire
similaire à la vôtre?
Diana, la princesse de Galles, militait contre le sida (virus qui
touche beaucoup de personnes et pour lequel on n'a pas encore
trouvé de vaccin) et s'est investie dans la lutte contre les
mines antipersonnel (engins explosifs, placés sous terre qui
explosent quand on marche dessus). Peu avant sa fin tragique, elle
était connue comme la princesse du peuple. Je parle de la
princesse Diana Spencer, qui était la femme du prince Charles et
mère des princes Willam et Harry Windsor. Pour nous, les
Canadiens, c'est notre princesse bien-aimée. Comme vous elle a
vécu un enfer, si on peut le dire. Elle n'était pas plus
jeune que vous quand elle s'est mariée à dix-neuf ans,
après une brève fréquentation de vingt-huit jours
avec le futur roi d'Angleterre, et sa belle-mère la
détestait. Même si je n'avais que huit ans je me souviens
très bien du jour où elle est morte, voilà
bientôt quatorze ans, dans un accident de voiture à Paris.
J'ai su quelle se faisait battre par le prince. Est-ce que Franz-Joseph
vous battait?
Malgré deux siècles qui vous séparent,
trouvez-vous juste cette comparaison?
Chère Élisabeth,
Oui, on m'a déjà parlé de la princesse Diana, qui
semble avoir vécu une histoire semblable à la mienne,
plus de cent ans plus tard! Incroyable que dans votre lointaine
époque, de telles choses se produisent encore. On m'avait dit
qu'à votre époque, il n'y a plus guère de familles
royales, et que leurs héritiers se marient désormais par
amour... Mais il semble que cette règle ait eu au moins une
exception.
Non, Franz ne m'a jamais battue. Contrairement au prince Charles avec
Diana, Franz m'aimait sincèrement lorsqu'il m'a
épousée, et son amour ne s'est jamais refroidi,
malgré tout ce que nous avons vécu. C'est malheureusement
mon amour à moi qui n'a pas eu vraiment le temps de
naître, de s'épanouir dans ce milieu stérile et
desséchant qu'est la cour de Vienne. Mais j'ai
énormément de tendresse et de respect pour lui et il est,
sur terre, l'être au monde que je souhaite le moins chagriner. Et
pourtant je sais à quel point mes incessants voyages lui donnent
du soucis, mais jamais il ne m'a ordonné de rester près
de lui. Il sait que mon équilibre et ma paix intérieure
dépendent de ces déplacements, et nos lettres
débordent d'attentions l'un pour l'autre. Ce que Diana n'a pas
connu...
Amicalement,
Élisabeth
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