Lisi
écrit à




L'Impératrice Sissi






Ida Ferency



Bonjour ma très chère Sissi,

Pourrais-tu me parler de ta chère Ida s'il te plaît?

Je t'embrasse très fort, mon ange.


Bonjour Chère Lisi,

Ida est arrivée dans ma vie au moment où je commençais à m'affirmer davantage au sein de la famille impériale. J'avais remarqué depuis longtemps que tout ce qui était hongrois déplaisait souverainement à ma belle-mère, raison suffisante pour que je m'intéresse à ce pays! J'avais donc entrepris d'apprendre cette langue difficile avec un excellent professeur, le Père Hòmòky, mais je voulais quelqu'un près de moi qui puisse partager mon quotidien et avec qui je puisse parler cette langue plusieurs heures par jour, et pas seulement durant les leçons.

La comtesse Almassy, chargée de dresser la liste des demoiselles qui pourraient tenir ce rôle près de moi, s'est souvenue au dernier moment d'une famille, parents lointains, les Ferenczy, dont la fille, Ida, pourrait me convenir. En effet, en regardant sa liste, mon regard s'est arrêté automatiquement sur le nom le plus simple; je savais pouvoir m'attacher plus facilement à une telle jeune fille qu'à un membre d'une grande famille aristocratique. C'est ainsi que ma douce Ida est entrée à mon service, non en tant que dame d'honneur -elle n'avait pas les quartiers de noblesse requis- mais en tant que «lectrice». Elle ne m'a plus quittée depuis, et est devenue ma confidente et mon amie.

Évidemment, l'arrivée de Marie Festetics auprès de moi a quelque peu changé nos relations. Ida est de santé fragile et ne peut me suivre partout, en voyage et en promenade (mon époux parle de «marches forcées»!) comme le fait Marie, et Marie a une façon de me dire parfois mes vérités bien en face que ma douce Ida, avec son affection confinant parfois à l'adoration, n'oserait jamais. Chacune a son rôle, sa place précise dans mes affections, auxquelles s'est ajoutée depuis peu une autre hongroise, Irma Stzaray, qui m'accompagne elle aussi en voyage pour donner un peu de repos à ma pauvre Marie. Je les aime toutes les trois, et je sais qu'elles sont les seules en qui je puisse avoir entièrement confiance.

Amicalement,

Elisabeth