Généalogie
       

       
         
         

Polyxene

      Chère Elizabeth,

Je viens de faire l'arbre généalogique de vos ancêtres et descendants de 1110 à nos jours. Je peux vous dire que j'ai vu de nombreuses fois, avant et après votre mort, des femmes de votre famille s'appelant Elizabeth. Mais je n'ai pas trouvé vos différents titres de noblesse. Pouvez-vous m'écrire tous vos titres ainsi que ceux de votre époux?

Merci. Pour ma part, je suis une passionnée d'histoire et de généalogie. Mille mercis par avance,

Votre amie Polyxene
         
         

Impératrice Sissi

      Chère Polyxène, aimée d’Achille aux pieds légers…

Ma titulature personnelle, avant mon mariage, était très simple. J’étais Élisabeth de Wittelsbach, duchesse en Bavière. Le titre de ducs de Bavière était réservé à la branche royale, et mon père était plutôt issu de la branche cadette des Wittelsbach (contrairement à ma mère, née princesse royale de Bavière et donc «rétrogradée» lors de son mariage). Les grands de la Cour d’Autriche se permettaient donc de me regarder d’un peu haut, aux débuts de mon mariage, à cause de mon arbre généalogique quelque peu déficient…

La titulature d’empereur de François-Joseph est assez impressionnante. Même pour moi, il est assez difficile de savoir tous ses titres, puisque certains sont considérés comme si «peu importants» qu’ils ne figurent même pas dans les documents officiels. Ainsi en est-il du titre de comte de Hohenembs, titre que j’utilise parfois en voyage (comtesse von Hohenembs) pour préserver mon incognito.

Voici donc la titulature de Franz :

«François Joseph 1er, par la grâce de Dieu empereur d’Autriche, roi de Hongrie et de Bohême, de Dalmatie, de Croatie, de Slavonie, de Galicie, de Lodomélie et d’Illyrie, roi de Jérusalem, archiduc d’Autriche, grand-duc de Toscane et de Cracovie; duc de Lorraine, de Salzbourg, de Würzbourg, de Franconie, Styrie et Carinthie, de Kraina et de Bukovine; grand-prince de Transylvanie, marquis de Moravie; duc de Haute et de Basse Silésie, de Modène, de Parme, de Plaisance, de Guastalla, d’Auschwitz et de Zator, de Teschen, du Frioul, de Raguse et de Zara; comte princier de Habsbourg et du Tyrol, de Kybourg, de Görz et de Gradiska; prince de Trente et de Brixen; de Berchtesgaden et Mergentheim, margrave de Haute et de Basse Lusace, margrave en Istrie; comte de Haute Ems, de Feldkirch, de Bregenz, de Sonneberg; seigneur de Trieste, de Cattaro et de la Marche de Windisch; grand voïvode de la voïvodie de Serbie. »

A cela, il faut ajouter le protectorat de la Bosnie Herzégovine, tout récemment acquis. Je soupçonne Franz de vouloir passer à plus ou moins long terme du protectorat à l’annexion, mais je ne crois pas que ce soit une bonne chose que de trop s’impliquer dans cette poudrière que sont les Balkans. J’ai trop peu de respect pour la politique pour tenter de l’influencer davantage, mais je ne peux m’empêcher de lui crier casse-cou de temps à autres… Nous avons également déjà été souverains de Lombardie (perdue en 1859) et de Vénétie (perdue en 1866), et avons possédé des terres en Roumanie, avant que ce dernier pays ne soit érigé en royaume où règne mon amie et sœur en poésie, Carmen Sylva. Mais tout cela me semble tellement vain: entre nous, «roi de Jérusalem», vous y croyez, vous?

Sincèrement,
Elisabeth