Melany et Élodie
écrivent à




L'Impératrice Sissi






Demande d'embauche



Madame l’impératrice,

Nous sommes deux filles qui souhaiteraient travailler pour vous en tant que stylistes. Vous êtes un modèle à nos yeux et si vous nous embauchez, nous ferons de vous une beauté d'exception. Durant les fêtes de Noël, nous pensons que plusieurs bals seront organisés, il vous faudra donc de nombreuses robes hors du commun qui vous rendront plus resplendissante que tout. Vos robes sont déjà magnifiques et nous les rendrons encore plus belles, plus scintillantes que jamais, nous vous le promettons.

Vous êtes la plus belle des impératrices, toujours gracieuse, vos objectifs sont maintenus. Le peuple vous aime, vous fait confiance. Nous ferons l’impossible pour satisfaire vos désirs. Mon amie et moi savons que la décision prise sera la bonne et nous l'accepterons quelle qu’elle soit. Nous avons travaillé en tant que stylistes pour de grandes marques comme Prada, Dior, Chanel et avons un grand sens du goût. D'ailleurs celles-ci ont étés ravies de notre collection et nous ont embauchées. Maintenant, nous voulons viser plus haut: vous.

Nous aimerions vous rencontrer pour discuter de notre collection, avoir votre avis dessus et surtout, savoir si elle vous plaît ou non. Nous serions heureuses de faire votre connaissance, en savoir plus sur vous et vous montrer notre talent. Nous sommes des fans des plus admiratives.

Nous vous remercions de lire cette lettre et d'y répondre. Apportez-nous de bonnes nouvelles, si possible.

Veuillez agréer, madame l'impératrice, nos salutations distinguées.

Melany et Elodie


Chères demoiselles,

Je vous sais gré pour ces services que vous m’offrez si gracieusement. Toutefois, je me dois de vous informer que, depuis la mort de mon fils, je ne fête plus ni Noël, ni mon anniversaire (qui tombe d’ailleurs le 24 décembre). Le seul dont j’accepte encore des vœux pour la nouvelle année est mon époux. Toutes les Cours et toutes les ambassades ont été très officiellement informées de mon désir de ne plus recevoir le moindre souhait de ce genre, dès le début des années 1890. La dernière réception officielle à laquelle j’ai assisté est le millénaire de la Hongrie, en 1896, et j’y ai assisté revêtue de mes habits de deuil. Vêtue de noir pour le reste de ma vie, le visage voilé afin que le monde ne puisse rien voir de la déchéance de ce visage qui fut un jour le plus beau du monde, je porte désormais le deuil à la fois de mon fils et de mon âme. Dans la vie de tout être vient un moment où la lumière s’éteint, à l’intérieur. Même les bals les plus réussis, même les réceptions les plus brillantes ne peuvent la ranimer. Seule la forêt et la mer, parfois, m’apportent un peu de paix.

Sincèrement,

Élisabeth