Confidences
       

       
         
         

Marie-Christine

      Chère Impératrice,

Je viens de relire tous les dialogues que nous avons échangés et j'en suis vraiment contente, c'est vraiment un privilège de pouvoir communiquer avec vous. Dans votre dernière lettre, vous m'avez parlé de votre sciatique, est-ce des problèmes de dos? En tous cas je vous souhaite le meilleur rétablissement possible.

Tout s'est bien passé passé pour ma maman, elle a accouché d'un petit «Miguel». Et en ce qui concerne mon mariage elle s'est plutôt montré égoïste car je ne peux pas dire qu'elle en soit vraiment heureuse... Je suis mariée officiellement depuis le 15 mars (à la mairie) et le mariage religieux est toujours le 15 août. Quand votre fille s'est mariée j'imagine que vous avez été proche d'elle et que vous avez partagé sa joie. Moi je n'ai pas eu cette chance, mais bon... Aujourd'hui je vis dans le bonheur avec mon tendre mari. Il est si merveilleux vous savez, sans lui je n'aurais plus goût à rien. Il est mon âme soeur et toute ma joie.

Tout comme vous j'ai une passion pour la nature. La forêt, la montagne... loin de la pollution de notre époque je me sens libre. Vos fleurs favorites sont les roses rouges? Ou bien est-ce encore tiré des films? Moi j'aime les roses blanches je les trouve d'une beauté et d'une pureté parfaites.

Pourriez-vous me parler de vos bijoux? Moi-même je possède pas mal de bijoux en or, c'est une vraie passion et je serais curieuse d'en apprendre sur les bijoux de votre époque. Les miens sont surtout des cadeaux ou des héritages et mes préférés (vous l'aurez sans doute deviné sont: ma bague de fiançaille, mais surtout, mon alliance: sur celle-ci sont gravés nos deux noms et à l'intérieur nos deux dates de mariage. Moi et mon mari nous avons exactement la même alliance. J'ai trouvé cette idée particulièrement romantique... Voilà vous commencez à me connaître un peu mieux j'ai pensé que vous devez bien aimer que je vous parle un peu de moi, cela vous permettant de me mieux connaître pour en apprécier davantage nos dialogues. (enfin peut-être que je me trompe mais bon, j'aurai essayé ;-)

Comme vous le constatez j'ai peu de questions aujourd'hui, c'était plus un besoin de me confier à vous en vous écrivant ces lignes cela me fait le plus grand bien... Toujours en espérant bien sûr que je ne vous ennuie pas, car si tel est le cas n'hésitez pas à me le dire... Sur ces mots je vais vous laisser chère Élisabeth en vous souhaitant bonne route pour vos futurs voyages.

Votre chère âme du futur, Marie-Christine
         
         

Impératrice Sissi

      Ma chère Marie-Christine,

La pluie qui tombe aujourd'hui m'annonçait une journée grise et ennuyeuse, mais me voilà toute regaillardie par votre lettre. Toutes mes félicitations pour votre mariage, quel bonheur que de vivre dans la certitude d'avoir trouvé l'âme-soeur. Ma Valérie a connu le même bonheur que vous; ma dernière visite chez elle m'a confortée dans l'opinion que j'ai confié mon trésor le plus précieux à quelqu'un qui en était digne. Toutefois, même si j'aime beaucoup François-Salvator, je ne l'en considère pas moins comme un voleur pour m'avoir pris aussi aisément le coeur de ma fille. Peut-être est-ce également le sentiment de votre maman, d'où sa réserve face à votre conjoint? Si c'est le cas, ne vous inquiétez pas. Devant votre bonheur, elle ne pourra faire autrement que de voir que c'est ce qui pouvait vous arriver de plus beau. N'oubliez pas également que le fait de mettre au monde un enfant peut, pendant quelques mois, altérer le meilleur des caractères! j'en sais quelque chose, moi qui ai mis quatre enfants au monde!

Ainsi que je l'ai déjà confié à une autre correspondante, j'aime en effet beaucoup les roses rouges, mais également la violette, le delphinium dont j'ai fait ma fleur-fétiche à Corfou et, évidemment, le jasmin, qui me rappelle mon cher cousin Louis. Je ne porte plus guère de bijoux depuis la mort de mon fils, j'ai tout donné à mes filles. Je n'ai plus qu'un collier de perles noires, et je porte mon alliance suspendue à mon cou par une chaînette d'or. Toute autre parure m'est désormais inutile, ce ne sont plus pour moi que des souvenirs du temps où je vivais... Lorsqu'on ouvrira mes coffrets, à ma mort, on sera bien déçu de n'y trouver que des colifichets et des broches sans valeur.

N'hésitez pas à continuer de m'écrire, chère Marie-Christine. Vos lettres ne m'importunent jamais. Même si j'ai banni à tout jamais les mots «bonheur» et «espoir» de mon vocabulaire, l'expression du bonheur chez les autres allège un peu le poids que je traîne sur mon coeur et me fait le plus grand bien. Puissiez-vous conserver pour toujours cette joie de vivre que je sens en vous!

À bientôt,

Élisabeth