Désirée
écrit à




L'Impératrice Sissi






Cheval



Bonjour,

Je suis super contente de vous parler.

Combien de chevaux aviez-vous?

Désirée


Chère Désirée,
 
Les écuries de la cour comptaient toujours une vingtaine de chevaux à la fois, et j'avais évidemment mes favoris. Durant mes voyages en Irlande et en Angleterre, j'étais toujours «accompagnée» de six ou sept chevaux parmi les meilleurs sauteurs, et spécialement entraînés pour la chasse à courre. Je me servais aussi parfois des magnifiques Lipizzans de l'école espagnole de Vienne, à une époque où je suivais des cours de haute école.
 
Désormais, les écuries impériales sont occupées par les chevaux des différents archiducs ou les chevaux des voitures. J'ai complètement délaissé l'équitation depuis plusieurs années déjà. Moi qui, la veille encore, ne craignais aucun danger, pour qui aucune haie n'était assez haute ni aucun fossé assez profond, voilà que d'un seul coup le courage m'a quittée. Mais le soulagement de mon entourage n'a été que de courte durée, puisque mon besoin de mouvement est demeuré le même, et que j'ai vite remplacé mes dangereuses randonnées à cheval par de très longues promenades à pied qui laissent mes suivantes totalement épuisées! La pauvre Marie Festetics qui, à l'époque de la chasse à courre, n'avait qu'à demeurer sur place en priant que je revienne «entière» a été obligée, du jour au lendemain, de me suivre à une cadence qui l'a vite dépassée! Elle demeure près de moi et reste ma grande amie, mais je l'ai remplacée dans mes longues promenades par une Hongroise plus jeune, la comtesse Irma Stzaray, une personne fort sympathique.
 
Amicalement,
 
Élisabeth


Désirée

Merci beaucoup pour votre réponse mais quelle est votre race préférée?

Chère Désirée,
 
Comme la chasse à courre en Angleterre et en Irlande a longtemps fait mes délices, c'est mon «pilote», le capitaine Bay Middleton, qui s'occupait généralement de m'acheter et entraîner de nouveaux chevaux en prévision de la prochaine saison de chasse. Il va sans dire que sa prédilection allait aux pur-sang anglais, patriotisme oblige. Mais il avait mon entière approbation pour ces achats, car j'aimais aussi beaucoup ces chevaux. Ils avaient le mérite d'allier grâce, puissance et souplesse, et ils étaient assez hauts sur pattes pour sauter tout fossé ou toute haie susceptible de se présenter sur mon chemin. J'en ai même monté un tellement grand que j'ai écrit à Franz, que lui-même aurait eu l'air d'un point sur un «i»! J'ai toujours aimé les grands chevaux, comme les très grands chiens. J'ai souvent pensé qu'aucun chien n'était assez grand à mon goût. Shadow, mon airedale, était grand comme un bourricot, c'est tout dire!
 
Amicalement,
 
Élisabeth