Ysaline
écrit à




L'Impératrice Sissi






Êtes-vous aussi belle que dans les films? 



Ysaline

Madame l'Impératrice,

Je n'ai peut-être que treize ans, mais je vous admire vraiment et je voulais savoir si vous avez été la plus belle femme d'Europe à votre époque. Je voulais aussi avoir une photo de vous dans l'une de vos plus belles robes préférées, si vous le souhaitez bien sûr. Est-ce que vous habitez toujours dans votre château en Hongrie ou habitez-vous dans un autre château? Est-ce que vous avez déjà visité la France et Paris?

Merci de votre gentillesse, en attendant votre réponse avec impatience,

Ysaline


Chère Ysaline,

Mon château de Gödölö en Hongrie a longtemps été ma résidence préférée. J'y passe encore quelques semaines chaque année, et j'avoue que je préfère nettement y résider plutôt qu'à n'importe quel endroit en Autriche. Mais je passe également quelque temps à Ischl chaque été, de même qu'à la Villa Hermès à Lainz, une très belle demeure que François-Joseph a fait construire spécialement pour moi. Mais je vous avoue que je ne me sens à l'aise et heureuse nulle part, et ce n'est qu'en voyage, dans le mouvement, que je retrouve un peu de paix. J'ai visité la France, l'Angleterre, l'Irlande, la Hollande, l'Afrique du Nord. Mais depuis quelques années, j'ai une préférence pour la Riviera française et la Suisse. Ce sont des endroits où on peut se reposer, faire de belles excursions, et même François-Joseph accepte parfois de délaisser quelque temps ses dossiers pour m'y rejoindre.

On a en effet dit de moi que j'étais la plus belle femme d'Europe, surtout quand j'étais dans la trentaine. En faisant quelques recherches, vous pourrez certainement retrouver des reproductions des magnifiques tableaux peints par Winterhalter, surtout celui où je suis en robe de bal, avec des étoiles de diamant dans les cheveux. Mon époux disait que c'était les premiers tableaux qui me ressemblaient vraiment. Aujourd'hui, j'ai soixante ans, les années d'épreuves et les chagrins ont laissé bien des traces sur mon visage, chère enfant. Chaque ride est la trace d'une larme qui s'y est inscrite de façon indélébile, et ma beauté n'est plus qu'un lointain souvenir.

Amicalement,

Élisabeth