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J'aimerais demander à Son Altesse comment les femmes de
son époque s'habillaient lorsqu'elles étaient enceintes.
Je suppose que cela devait modifier grandement leur façon de
s'habiller.
Avec mes salutations distinguées,
Violaine
Chère Violaine,
À mon époque, il n’y a pas à proprement parler de
vêtements de maternité. Nous nous contentons de faire
élargir nos robes de tous les jours. Il existe toutefois des
corsets de maternité puisque, même enceinte, une femme se
doit de se lacer, même si ce n’est pas aussi étroitement
que de coutume.
L’avantage de mes grossesses –le seul en fait– c’est que ma
belle-mère me laissait «traîner» plus
longtemps en simple robe d’intérieur, ou même en
saut-de-lit le matin. Elle ne me poussait à m’habiller que
lorsqu’elle exigeait que je descende au jardin pour
«produire» mon état au bon peuple; je trouvais cela
tout simplement affreux, et j’en étais venue à
considérer comme un bienfait le fait de pouvoir m’enfermer dans
ma chambre pour y pleurer à l’aise.
Mes trois premières grossesses ne sont pas des souvenirs
heureux, chère enfant. Ce n’est qu’à la naissance de ma
Valérie, en 1868, que j’ai vraiment su ce qu’était
qu’être mère, et que ma grossesse n’a vraiment appartenu
qu’à moi. C’est la seule pour laquelle j’ai pu la vivre comme
future mère, et non comme porteuse d’un précieux
héritier impérial.
Amicalement,
Élisabeth
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