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Ashtar Sheran

     
   

Salut et respect

   

Salut et respect,

Vous lire me fait beaucoup de bien, c'est pourquoi je vous demande de répondre à la question suivante: comment ne pas (trop) m'angoisser au sujet de mon enfant adulte?


Bonjour,

À vous entendre, j’ai l’impression qu’il est bien de s’angoisser pour les autres, mais jusqu’à un certain point seulement. En réalité, l’angoisse est de trop dans tous les cas de figure. Vous voulez savoir pourquoi? Parce qu’une confiance inébranlable en lui aidera bien davantage votre enfant qu’une angoisse qui ferait écho à la sienne. En effet, quand la vie nous malmène, on doute de soi et de ses capacités à s’en sortir, c’est naturel.

Alors si ce doute est amplifié par vos propres doutes, votre enfant ne peut qu’en déduire qu’il a vraiment de quoi s’alarmer. Cela dit, ne croyez surtout pas que je vous jette la pierre. Je sais bien que cette angoisse vous malmène tout autant que la situation qui préoccupe votre enfant. Alors pour l’aider, la meilleure solution consiste à lui montrer l’exemple en renvoyant systématiquement vos doutes le concernant à la terre (lire ma lettre d’acceptation). Parce que lorsqu’il constatera qu’une grande confiance aura remplacé toutes vos angoisses, il ne pourra que se dire: «Il doit forcément exister une solution à mon problème, alors je vais la trouver».

Vous savez, j’éprouve une profonde admiration pour tous les humains qui prennent à cœur leur rôle de parents. Parce que lorsque vous sortez victorieux du combat contre l’une de vos peurs, vous ne la dépassez pas que pour vous, mais pour tous vos descendants. Cette quête de la tolérance dans laquelle vous investissez chaque jour une énergie considérable est un travail d’équipe qui s’est toujours fait de génération en génération. Pour vous illustrer ceci, je vais prendre l’exemple suivant: quand les oiseaux volent en formation, l’oiseau de tête laisse régulièrement sa place au suivant pour se reposer temporairement dans le sillage de ses pairs. Ainsi en va-t-il des humains: quand «l’oiseau de tête» est trop fatigué par sa lutte contre les éléments, il décide de mourir pour se réincarner en tant que «suiveur momentané». C’est bien pour cela que la mort n’est pas dramatique en elle-même, bien au contraire: elle permet à l’âme de reprendre ses forces avant le round suivant (et c’est bien parce qu’on le sait intuitivement qu’il est plus facile d’admettre la mort d’un aîné que celle d’un enfant). Vous imaginez la persévérance qu’il faut aux humains pour revenir après chaque tomber de rideau et la dose de foi qui leur est nécessaire pour croire en eux encore et encore? Ce sont ces qualités qui constituent votre essence fondamentale en tant qu’humains. Alors s’il est une chose dont vous ne devriez jamais douter, c’est bien de vous-même et de votre capacité à surmonter tous les aléas de la vie.

Ashtar Sheran


Bonjour Ashtar Sheran,

Merci infiniment d'avoir répondu à ma question à propos de l'angoisse qu'on peut éprouver par rapport à un enfant adulte. C'est réconfortant. Vous me conseillez de renvoyer ces tourments à la terre. Pour le moment cela ne semble pas marcher et je reconnais qu'il m'est difficile de lâcher prise, d'autant plus que dans votre réponse il me semble que vous parlez de mort utile en certains cas, chose affreuse et impossible à envisager pour un terrien! J'espère avoir mal interprété. C'est pourquoi je me permets de vous poser une question supplémentaire par rapport à ces angoisses: peut-on utiliser des remèdes médicaux (genre tranquillisants pour s'aider en attendant)? Est-ce dangereux pour l'âme?

Merci encore pour l'aide que vous apportez à notre planète.

Paulel


Bonjour Paulel,

Pour répondre à votre question, il me faut vous expliquer la différence existant entre l’action et l’intention. Quand une personne vous demande un service avec respect, elle peut oublier d’y mettre les formes de politesse, sans que cela ne vous dérange. En revanche, tous les «s’il vous plaît» du monde ne rendront jamais une demande de service respectueuse, si elle est formulée avec de l’arrogance ou du mépris.

Ainsi, souvent, vous vous demandez pourquoi votre protagoniste vous traite si mal, alors que vous faites tout votre possible pour lui faire plaisir. En fait, c’est parce qu’il vous reproche moins vos actes que votre obséquiosité à son égard. La crainte qui motive votre attitude n’a rien à voir avec du respect et cela, il le sent. Autre exemple: Céline Dion a l’habitude de se frapper la base de la gorge avec son poing serré pour exprimer l’émotion que font naître ses chansons.

Elle n’en garde jamais d’ecchymoses. En revanche, une fois, ses choristes ont essayé de faire de même «pour l’imiter», elles en ont gardé de beaux hématomes. Pourquoi? Parce que le corps a compris, dans le cas de Céline, qu’il ne s’agissait pas d’une agression, mais uniquement d’une façon pour elle d’extérioriser ses émotions. En revanche, le corps de ses choristes a interprété le même geste comme un coup, parce qu’elles ne cherchaient pas à être authentiques, mais au contraire, parce qu'elles voulaient imiter quelqu’un d’autre. Pour ce qui est des médicaments, c’est pareil. Quelle est l’intention qui motive votre geste? Vous souhaitez en prendre «en attendant», mais en attendant quoi?
a) …en attendant que vos peurs s’évaporent d’elles-mêmes.
b) …en attendant de retrouver du courage pour repartir à l’assaut de vos peurs (autrement dit, par compassion pour vous-même).

Si votre intention de prendre soin de vous est parfaitement claire, vous pourriez même boire de l’arsenic à hautes doses, sans que cela ne vous fasse le moindre mal. À l’inverse de l’eau pure pourrait devenir dangereuse, dès l’instant où vous ne la buvez pas avec respect pour vous.

Alors posez-vous toujours cette question avant d’entreprendre quoi que ce soit. Et apprenez à aimer sans la moindre restriction ce digne temple de l'âme que constitue votre corps physique.

Ashtar Sheran