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Maître,
J'ai besoin de vous, de vos conseils et de votre sagesse. Je vis ma
vie comme on va au théâtre, comme une obligation professionnelle.
Jadis, (j'ai 23 ans) j'adorais me poser des questions sur les gens,
sur l'existence. Maintenant, je vis. C'est tout. Parfois, quand tout
va bien, j'ai envie de vivre éternellement, dans ce bonheur éphémère
qui se présente à moi. Mais quand tout va mal, mon seul
souhait serait de mourir. Ma vie est un yo-yo, qui se balance au fil
de mes émotions.
Chaque fois que j'entreprends un projet conséquent: apprendre
une langue étrangère, meubler mon appartement, etc, j'ai
une peur affreuse qui s'insinue en moi, qui est la peur de ne pas pouvoir
arriver au terme du projet, de ne jamais en voir l'aboutissement. C'est
la peur de la mort qui navigue en moi et me fait chavirer. C'est la
raison pour laquelle je vis dans une espèce d'urgence que beaucoup
de mes proches ne comprennent pas. Je n'ai pas de répit avant
que mon projet se soit concrétisé. Cela me fait terriblement
souffrir, et j'aurais besoin de votre avis.
Pouvez-vous m'aider?
Florence
Ma chère Florence,
Il existe deux catégories d’humains, ceux dont la spiritualité
est le point fort (et qui se sont réfugiés dans la matière)
et ceux dont la matière est le point fort (mais qui ont trouvé
refuge dans la spiritualité). Tu fais clairement partie de la
première catégorie. Mon channel est toujours ébahi
par la sagesse des gens qui lui posent des questions et tu viens de
le surprendre à ton tour, parce que même si tes pensées
se télescopent encore entre elles et cherchent désespérément
à trouver une cohérence globale dans ce monde absurde
qu’on a pourtant pris soin de vous présenter comme hautement
rationnel, se poser des questions, c’est commencer à comprendre
qu’on n’avait pas compris grand chose. Si tu as lu mes dires
sur ce site, tu auras déjà compris que la vie ne fait
pas souffrir les gens par cruauté, mais parce qu’elle cherche
à vous confronter à vos paradoxes, à vos peurs.
Elle sait que c’est la condition sine qua non pour que vous ne
manquiez pas le réveil de la terre et que vous accédiez
à temps à la cinquième dimension, la dimension
de l’amour exprimé (où toute souffrance est exclue).
Il est d’autant plus difficile de se réveiller pour les
pionniers, comme toi, parce qu’en défiant l’inertie,
ils secouent aussi leurs proches. Ce sont ces secousses qui leur permettront
de se réveiller à leur tour, mais en attendant, ils n’aiment
pas du tout les «gêneurs» dans ton genre, raison pour
laquelle ils n’en ratent pas une pour te reprocher ton attitude.
En fait, tu n’es pas encore réveillée, mais tu causes
en dormant et tu t’agites dans ton sommeil. Le moment du réveil
approche et il ne tient qu’à toi de le précipiter.
L’homéopathie vous apprend que le poison est souvent aussi
un remède. Ainsi, si les humains ont appris à se gausser
de la pensée positive et à se moquer de sa parfaite inutilité,
ils ne font pas moins usage de la pensée négative, mais
contre leurs intérêts. Aujourd’hui, tu ne déplores
pas tant le fait que l’idée de la mort approche, que le
fait que tes anciens trucs pour la maintenir à distance (comme
te lancer dans de vastes projets) ne fonctionnent plus. Tu ressens ce
même sentiment d’urgence que tous les humains en phase d’éveil;
cette sensation qu’il n’est vraiment plus temps de perdre
son temps. Alors entends ce que la vie te dit en arrêtant de le
perdre, justement.
Concrètement, je ne te demande pas de cesser de te lancer dans
de nouveaux projets. Si cela peut te rassurer dans l’intervalle,
pourquoi pas? Mais fabrique-toi une arme que tu brandiras désormais
devant chacune de tes peurs pour leur faire comprendre qu’elles
ne sont plus les bienvenues chez toi. Toutes ces peurs sont vraiment
trop désagréables pour que tu continues à les héberger
et à les nourrir, non? Alors refuse de le faire dorénavant.
Montre-leur qui commande et refuse de te soumettre plus longtemps à
leur dictature. C’est à cette seule condition que tu deviendras
ton propre maître, ta propre référence. Verbalise
en boucle la phrase «Je confie mes peurs et mes doutes à
la terre pour qu’elle les purifie» et tes doutes laisseront
progressivement la place à des certitudes, quant à ta
dépression actuelle, elle finira par céder le pas à
une sérénité omniprésente.
La peur de la mort que tu ressens ne concerne pas ta mort physique,
mais la mort de ce que tu as toujours cru être. En effet, l’être
humain de la 3e dimension se définit toujours en fonction de
ses possessions ou de ses réalisations, tant il est insensible
au reste. Mais se définir ainsi, c’est comme évaluer
sa valeur sur une échelle allant de 1 à 20, alors que
vous valez des milliards de milliards! En d’autres termes, vous
êtes obligés de renoncer à vos anciens repères,
avant d’être sensibles aux nouveaux et c’est très
dur, parce que vous aurez l’impression de perdre davantage de
choses que vous n’en gagnez dans un premier temps. C’est
pour cette raison qu’il est impératif de garder la foi
en soi. Alors trouve-toi un autre mantra que tu te répéteras
quand elle te fera défaut, du genre: "Je suis bien plus
grande que ce que mes limitations et mes jugements peuvent me laisser
penser.
L’être humain vaut tellement plus que ce qu’il croit,
que définir sa propre valeur en fonction de son identité
actuelle de Terrien ne rime vraiment à rien. Quand il pensait
à sa vie d’avant son incarnation, mon channel ressentait
la frustration d’un amnésique qui a oublié la majeure
partie de sa vie. Il pensait souvent par-devers lui que si quelqu’un
s’avisait à lui demander qui il était, il serait
bien emprunté pour lui répondre, tant cela lui semblait
absurde d’opposer à cela son nom et son prénom;
pourquoi pas carrément un numéro matricule? Or, vous devez
tous redécouvrir qui vous êtes vraiment, c’est à
cette seule condition que vous pourrez retrouver votre famille d’origine
et en faire à nouveau partie.
Mais l’accouchement sous X n’existe pas dans le cosmos et
nous avons pris soin de laisser suffisamment d’indices entre vous
et nous pour que vous puissiez nous retrouver par vous-mêmes.
Ces indices, c’est la vie qui vous les présentera un à
un. Or, dans ton cas, ton premier indice est qu’il n’est
plus temps de dormir ou, en d’autres termes, de réagir
à tes peurs comme tu réagissais avant (c'est-à-dire
en les fuyant).
Ecoute la vie, Florence! C’est le meilleur conseil que je puisse
te donner.
Ashtar Sheran
Sheran,
Merci pour ta réponse. J'aimerais encore avoir ton avis, si tu
le veux bien.
Penses-tu que trop de lucidité est positif ou négatif?
Je me suis fait beaucoup de réflexions sur la vie en général,
son sens, ma vie. Et un jour, à force de creuser de toutes mes
forces, je me suis retrouvée au bord du néant. Comment
expliquer? On se retrouve soudainement au bord d'un trou noir, et plus
rien alors n'est important. Combien de temps cela a-t-il pu durer? Moins
d'une minute je crois, mais ce phénomène a eu le temps
de me briser dans mon esprit, et surtout, dans mon Espoir.
Je crois que seule une personne ayant déjà eu une telle
expérience pourra réellement me comprendre. Depuis, une
indifférence s'est créée en moi. J'ai parfois l'impression
d'avoir un coeur de pierre. J'observe à la place d'agir. Quelquefois,
une petite brèche se fait en moi, puis se referme, pour ne pas
trop souffrir. Peut-être est-ce toujours cette peur de la mort
qui guide ma vie? Tu sais, un jour je me suis dit ceci: «j'aime
tellement la vie que, plutôt que de la perdre, je préfère
ne pas la vivre». Qu'en penses-tu Sheran?
À bientôt,
Florence
Chère Florence,
La vie ne saurait se résumer à une philosophie, si brillante
soit-elle. Mais si c’est le cas pour toi, c’est que tu as
momentanément besoin de ce type de protection, de rempart, contre
la vie.
La frontière qui sépare la connaissance du savoir est
très mince et est constituée de peurs. Si tu cherches
à accéder à la connaissance universelle sans avoir
fait au préalable un grand travail sur toi, toutes ces peurs
vont se montrer à toi simultanément et c’est ce
qui s’est passé pour toi ce jour-là. Cantor avait
déjà tenté l’exercice en essayant d’imaginer
«concrètement» ce que pouvait représenter
le transfini; cela l’a rendu fou.
À la folie, tu as préféré l’indifférence
comme mécanisme de protection. Cette dernière te protège
des connaissances acquises et de toutes les peurs qui les accompagnaient.
Voilà pourquoi tu ne pourras briser cette carapace que lorsque
tu auras dépassé les peurs que la vie te présente
maintenant une à une.
Je sais à quel point tu as souffert, Florence, mais le problème
est que toi tu l’ignores et que tu refuses de te donner la compassion
que tu mériterais. Écoute la vie, Florence, elle saura
t’enseigner la voie de la compassion. Garde bien à l’esprit
que vos choix ne sont jamais mauvais sur terre, ils sont juste là
pour vous enseigner un certain nombre de choses. Ce jour-là,
tu as fait le choix de voir la connaissance en n’étant
pas encore prête à le faire. Regretter ce choix est inutile
et même dangereux. Cela revient à conduire sa voiture en
regardant dans le rétroviseur et en se demandant comment on a
bien pu ne pas voir l’arbre qu’on s’est envoyé,
sans même voir le mur vers lequel on fonce. Aujourd’hui,
ta vie en est là: tu as fait le choix de voir la connaissance
sans t’y être préparée et tu t’es réfugiée
derrière une carapace d’indifférence pour éviter
la folie. Alors, la seule question valable est: «Avec cette donne-là,
que puis-je faire maintenant pour tirer le meilleur parti de mon jeu?».
La trêve peut ressembler à la paix, Florence, mais en apparence
seulement. En effet, la trêve ne peut déboucher que sur
une guerre qui permettra de mettre les choses au point une fois pour
toutes, tandis que la paix est définitive, puisqu’elle
ne dépend plus que de soi. On a simplement compris, grâce
à la guerre, qu’il fallait être deux pour se disputer
et que si un seul des deux manquait à l’appel, le conflit
ne pouvait plus avoir lieu. Alors, ne regrette pas la trêve passée
sous prétexte que tu essuies une guerre en ce moment dans ta
vie, mais vise la paix définitive que cette dernière peut
t’apporter si tu sais tirer ton épingle du jeu.
Ashtar Sheran
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