Lettre d'acceptation
de Lao She
à l'Éditeur
       

       
         
         

Lao She

      Monsieur Dumontais,

En tant que bon Pékinois, j'ai longuement hésité, par pudeur, à me faire connaître de vous, mais un ami m'a poussé à vous écrire cette petite lettre.

Oui, j'accepte de répondre aux questions de vos lecteurs. On m'a mis entre les mains une sorte de machine à écrire, étrange, étrange.

Je me souviens de ma jeunesse (mes 35 ans...).

Peiping est bien triste aujourd'hui.

Les Japonais, depuis le 7 juillet de l'année dernière, ont envahi ma chère ville.

Quand on vit dans un pays qui a perdu son indépendance, on ne peut plus vivre sans lutter de toutes les manières possibles.

Cela pourrait faire un bon livre... Et je l'ai fait! Quatre générations sous un même toit est ma vie, mon amour de Peiping et des Pékinois...

Devrai-je me prosterner trois fois devant vous, pour que vous m'acceptiez au sein de votre temps? La révolution culturelle amorcée par notre Grand Timonier est en train de dégénérer, je le crains. Mon père lui-même est mort en défendant le Palais Impérial.

La fameuse «bande des quatre» serait bien capable de me faire subir le même sort! Qui sait?

Mais j'ai confiance en le destin, et en votre soutien. J'ai toutefois une question: qu'est-ce qu'un «site Internet»? Je ne comprends pas très bien ce que l'on m'a expliqué.

Bien à vous,

Lao She