Votre oeuvre
       
       
         
         

alan.potkin@attbi.com

      Dear Maître Will,

Il m'a fallu longtemps attendre avant de pouvoir correspondre avec vous. Certes je n'ai point votre talent mais je tenais à vous montrer ma fervente admiration pour vous et vos oeuvres et en profiter pour vous poser diverses questions.

1- Dans quelles circonstances avez-vous rencontré et quitté Anne Hathaway?

2- Comment êtes-vous devenu écrivain?

J'aimerais être un jour écrivaine et vous êtes pour moi un modèle, vos oeuvres sont pour moi un délice qui vous plonge dans des rêves magnifiques. Que j'aimerais vous ressembler même si ça n'était que d'un dizième. Où écrivez-vous? Pouvez-vous me donner des conseils?

Merci infiniment.
Avec toute mon admiration et mon regret pour Hamlet.

Fanny , 12 ans

 

        
          

William Shakespeare

  Jeune Fanny,

Votre admiration me touche grandement. En retour, je vous demanderais de ne plus vous sentir indisposée et de profiter de Dialogus afin de me faire parvenir d'autres lettres.

Pour répondre à vos questions, je vous relaterai d'abord ma rencontre avec Anne.

J'étais dans ma dix-septième année lorsque mes yeux se posèrent pour la première fois sur celle qui devint ma femme. Elle était belle comme la rosée du matin sur les pétales d'une fleur qui s'éveille lentement à la douce chaleur d'un jour nouveau. Malgré les quelques années d'avance qu'elle avait sur moi, ses charmes eurent sur mes sens une emprise telle que ce qui n'était qu'ardeur et passion se transforma par la force des choses en une union plus honnête. Nous nous mariâmes et bientôt naquit la petite Susanna.

J'ai quitté Anne pour des raisons professionnelles. Je ne travaillais qu'à Londres, et la distance entre Stratford et la City était un obstacle à mes affaires. Pendant la vingtaine d'années où je fus à Londres je ne revins que très rarement à la maison. C'est un choix que j'ai fait de plein gré. Je ne dis pas que ce fut le meilleur choix car cela me coûta très cher au plan personnel, mais c'est le chemin que j'ai choisi de prendre pour ma vie. En contrepartie, c'est aussi cette décision qui me permit une certaine aisance matérielle et qui a fait que ma famille n'a manqué de rien pendant ces années. Là-dessus, je suis certain qu'Anne serait d'accord avec moi.

Mais aujourd'hui je suis de nouveau à Stratford, auprès de ma femme, où je veille à la prospérité de mes affaires.

Vous me demandez des conseils quant à votre rêve de devenir écrivaine. Je n'en ai qu'un seul à vous donner: prenez garde de ne pas vous fermer au monde qui vous entoure pour vous plonger dans une de vos fantaisies. Puisez à même le monde réel l'inspiration pour donner forme à celui de votre esprit.

Je vous souhaite que ce rêve prenne un jour vie.

Votre dévoué,

W. Shakespeare
 
 

alan.potkin@attbi.com

  Cher maître Will,

Je ne puis vous dire combien votre lettre ma grandement fait plaisir. Étant en voyage je n'ai pu répondre tout de suite. Vous n'avez pas été avare d'informations et je vous en remercie. Je voudrais m'excuser pour une méprisable erreur en me trompant sur le nom de votre fils Hamnet et je suis de tout coeur désolée. Je vous prie d'accepter mes misérables excuses et je vous assure encore une fois de toutes mes condoléances.

J'ai commencé différentes histoires que j'améliore jour après jour le coeur rongé bien que je sais qu'elles n'atteindront jamais un style aussi exquis que le vôtre. Ayant lu vos oeuvres en français, je prendrai mon courage et les lirai en anglais pour ressentir encore plus fort la pureté de vos mots. J'ai d'ailleurs commencé Anthony et Cléopâtre.

Sincèrement, 

Fanny