Enfin! |
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| Bien le bonjour
Monseigneur Shakespeare, En discutant littérature avec l'un de mes compagnons, nous avons abordé le sujet de vos oeuvres, il a rapidement compris mon intérêt pour elles et m'a transmis votre adresse courriel (à mon grand plaisir je dois l'avouer)... Étant donné que je puis maintenant converser avec vous, je dois vous poser une question qui me taraude l'esprit lorsque je lis Hamlet; le fossoyeur, il est l'un de mes personnages favoris je dois l'admettre, est-il semblable en tant soit peu à votre personnalité et de part quels aspects pourrait-il bien l'être? Je dois vous mentionner que mon gentil compagnon est un dénommé Martin de Montréal... Bonsoir, Kit Kat |
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| Miss Kitkat, Permettez-moi d'abord de remercier votre compagnon de nous avoir permis ce petit échange qui joint merveilleusement l'utile à l'agréable. Vous vous libérez l'esprit de cette question qui vous intrigue depuis longtemps et, de mon côté, je peux replonger dans ces souvenirs qui n'ont cessé de m'habiter. S'ils sont tous aussi bien intentionnés, je considérerai dorénavant vos amis comme étant les miens. Le Clown/Fossoyeur d'Hamlet est évidemment issu de ce que je suis. Étant l'auteur, il est plus que raisonnable de penser que chaque personnage qui doit prononcer un mot, quelle que soit la pièce dans laquelle il évolue, ait en lui une portion de ce que je suis. Jusqu'à quel point le Clown me ressemble-t-il? Je l'ignore. Étant originaire d'un village plus ou moins éloigné de la vie trépidante de Londres, peut-être – je l'espère – ai-je un peu de ce «common sense» propre aux gens du terroir à qui la vie enseigne ses plus dures –mais aussi ses plus belles– leçons. Le Clown possède l'intelligence du coeur et représente le spectateur qui paie chèrement sa place afin d'être transporté au-delà de son quotidien. J'espère qu'il aura pu servir de miroir pour ces gens qui ne peuvent rencontrer de princes qu'en les regardant sur une scène. Si vous souhaitez que je vous entretienne plus longuement sur ce thème ou sur tout autre, veuillez me faire le plaisir de me faire parvenir une autre des vos précieuses lettres. En attendant, je demeure votre dévoué, William Shakespeare |