Des mots... Une vie... Une mort |
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| Bien le bon temps... Je me suis plu à lire ces mots que vous avez liés d'un trait... j'ai aimé les larmes qui ont glissé sur ma joue mais plus encore... j'ai aimé la mort qui m'a fait tant vivre en croisant le regard de ces êtres que vous nous avez présentés... hier encore c'est Othello qui s'est glissé dans mon appart et je l'ai vu changer quand on a glissé en lui ce mal humain... ou cette mort prise et reprise à Titus... j'ai repensé à la folie des hommes et fait un contrepoids avec la pure Hero... ou chasser les hantises d'Hamlet dans un songe d'une nuit d'été... mais toujours ces jeux de vérité et mensonge... ah! cette Viola... mais bon, vous les connaissez mieux de moi... aussi merci de nous les avoir présentés dans leur imperfection... aussi torturés que charmants... mais vous, comment les avez-vous connus??? Merci de ce don merveilleux qui vous a, je l'espère, soulagé... Christine |
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| Madame, Ce don, dont vous me parlez, doit sans doute être celui de pouvoir échafauder les intrigues et donner vie à des personnages. Ce don, pour tout ce qu'il m'a apporté, m'a aussi beaucoup coûté. Savez-vous ce que c'est d'être loin de chez soi et de recevoir la nouvelle de la mort de son fils? C'est pourtant ce qui m'est arrivé, jadis, et aujourd'hui encore je ne peux me le pardonner. Hamnet était mon seul fils, mais aujourd'hui il n'est plus qu'un doux souvenir. Comme j'aimerais savoir ce qu'il serait advenu de lui la mort l'ayant épargné! Mais je m'éloigne de mon argument et je m'en excuse. Mes personnages, Madame, ne sont pas plus différents que vous ou moi: ils ont leurs qualités et leurs failles tout à la fois. Othello est rongé par la jalousie, c'est vrai, mais il possède aussi la plus grande noblesse de coeur. La vérité et le mensonge font partie de la vie, tout comme la mort. La folie, réelle ou feinte, la quête de pouvoir, la tricherie, l'usurpation, l'amour, la haine, la déception, le bonheur, la tristesse, la vengeance et la résignation ont tous comme origine le coeur de l'Homme. L'Homme est la mesure de toute chose, ne l'oubliez pas, et en ce sens, vous eus-je à l'époque connue, vous auriez pu être Ophélie, Desdémonne, Hero, Mistress Page ou qui encore, puisque vous êtes telle qu'elles. D'ailleurs, pourquoi ne posséderaient-elles pas toutes une petite partie de ce que vous êtes? Il se fait tard et mes vieux yeux ne sont plus accoutumés de lire à la seule lumière de la lampe. Soyez assurée, Madame, de ma plus sincère affection. Wm Shakespeare |