Accepter la différence |
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| Bonjour à vous grand
Shakespeare, Je vous pose une question qui torture mon âme depuis fort trop longtemps déjà, à vous dont on dit que si l'on voit les oeuvres, on saisira l'essence même de la nature humaine. Vous qui avez si bien réussi à la comprendre, aidez-moi, car j'ai beau chercher, je n'ai pas encore trouvé de réponse qui puisse m'apaiser. Pourquoi l'Homme accepte-t-il si mal la différence? Pourquoi rejettera-t-il celui qui ne lui est pas assez semblable alors qu'il aurait tant de choses à lui apporter? Merci de bien vouloir ressortir votre plume et votre parchemin. «All that lives must die, passing through nature to eternity.» |
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| Âme tourmentée, Il me semble apercevoir une certaine détresse dans le ton que vous employez dans votre lettre. J’espère que vous comprendrez que je ne cherche pas ici à sonder les profondeurs de votre âme. Les prêtres peuvent très bien s’accommoder de cette noble tâche. Je vous répondrai seulement à la lumière de mon expérience personnelle. Vous ferez ce que vous voudrez de mon propos. Je ne crois pas qu’il faille généraliser. Certains hommes craignent en effet la différence car ils se sentent menacés – physiquement ou moralement. C’est là probablement un réflexe, appelons-le l’instinct de survie, qui se manifeste de cette façon chez ces personnes. Cet instinct de survie est le plus primordial, le plus bas, que l’homme possède. La seule façon de le contrer et de faciliter l’acceptation de la différence est d’enseigner, dès le plus jeune âge, la tolérance. Bon courage. Votre dévoué, Wm. Shagspeare |
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| Cher Shakespeare, Comprenez que ma détresse est celle d'un humain craignant de ne point saisir la nature de ses semblables. Vous confirmez ma pensée: l'homme a tendance à craindre cette différence. Par ce fait même, il se replie sur lui-même en rejetant l'autre. Mais, qu'a-t-on à craindre de l'inconnu? Pardonnez mes pensées confuses, mais je tente d'approfondir ma compréhension. Qu'y a-t-il au-delà de ce que nous connaissons qui nous fait si peur? Pourquoi tendons-nous à nous replier sur un quotidien si régulier? Serait-ce parce que notre sécurité s'en trouve «assurée»? Nous ne risquons pas de tomber sur un évènement ou une découverte qui bousculerait, remettrait en question nos croyances les plus profondes, enracinées en nous depuis la nuit des temps? Merci Âme tourmentée |
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| Chère amie, J’aurais aimé être un philosophe pour vous éclairer. Malheureusement je ne possède que le gros bon sens des petites gens. Nous craignons l’inconnu justement pour ce qu’il est. À partir du moment où nous repoussons les limites de nos connaissances, ce qui jadis nous était inconnu ne l’est plus et, donc, ne nous effraie plus. Imaginez ces navigateurs qui ont rejoint le Nouveau Monde. Tant qu’ils n’ont pas su qu’il y avait quelque chose de l’autre côté de l’Océan, le périple avait de quoi effrayer! J’imagine, en suivant mon raisonnement, qu’il deviendra probablement bientôt chose courante que de se rendre dans les colonies pour quelque affaire que ce soit. Je crois aussi que l’inconnu est porteur d’espoir; l’espoir d’un jour arriver à éliminer cette part d’inconnu qui nous accable. Bien à vous, Wm. Shakespeare |
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| Mon très cher
Shakespeare, Votre réponse est tout ce dont j'avais besoin. Voilà des choses simples auxquelles je n'avais point pensé. «Il faut s'éloigner de l'arbre afin de voir la forêt.» Ma foi, je ne voyais que l'écorce! Merci de m'avoir répondu et vos réflexions sont venues enrichir mon raisonnement. Je vous en remercie et soyez certain que je méditerai vos paroles. Sincèrement vôtre, Âme tourmentée |