Souffla Soudiéva
écrit à

   


La Comtesse de Ségur

     
   

Votre âge

    Chère comtesse,

Le monde actuel ne vous effraie-t-il pas? Les jeunes adolescents possèdent des téléphones mobiles (moyen de communication ultra-pratique), les femmes se font grossir la poitrine telles des courtisanes et il y a deux mois de cela, une femme a brigué les plus hautes responsabilités au sein de notre (ex-royaume) république.

Très cordialement.

P.S.: Je vous prie de répondre dans les plus brefs délais.

Cher inconnu, car vous ne signez pas votre lettre,

J'ai déjà eu l'occasion de parler du peu que je sais de votre siècle au cours de la correspondance que j'ai entretenue avec mes lecteurs.

Prenez une petite seconde pour me rassurer: à quelle époque croyez-vous donc que je vive exactement? Nous avons été envahis par les Prussiens après avoir été menés vingt ans par un petit homme plein de charisme que nous avons mis au pouvoir avec une naïveté certaine. Nous étions en République, nous le sommes à nouveau après une guerre sanglante, et Thiers promet monts et merveilles qu'il ne pourra pas tenir -tandis que Paris était il y a peu de temps encore un monceau de ruines et que des communeux voulaient mettre mon fils à mort.

Si je comprends bien, vous me dites que vous prenez plaisir à danser sur un volcan? Rassurez-vous: aux Tuileries, roi ou empereur, on ne faisait rien d'autre!

Bien à vous,

Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur