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Mathilde et Ségolène |
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Vos oeuvres |
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| À Voujeaucourt, le 19 octobre 2007 Madame la comtesse de Ségur, Nous nous appelons Legrand Mathilde et De Sy Ségolène. Nous habitons Bavans, une petite ville en Franche-Comté dans le Doubs (25). Si nous vous envoyons cette lettre, c'est parce que nous faisons un projet scolaire en français. Nous vous admirons beaucoup et nous aimons énormément vos oeuvres. Nous avons particulièrement aimé vos livres: «Les vacances», «Les malheurs de Sophie» et «Un bon petit diable». Nous voudrions vous poser quelques questions: - Est-ce que vos histoires sont des histoires vraies? - Quand avez-vous commencé à écrire pour la première fois? - Quelle est l'histoire que vous préférez parmi celles que vous avez écrites? - Est-ce que vous vous êtes inspirée de personnages de la vraie vie pour vos oeuvres? - Dans le conte des «Malheurs de Sophie», pourquoi cette dernière fait-elle toujours des bêtises? - Pourquoi avoir pris votre prénom pour le donner à votre héroïne, dans «Les malheurs de Sophie»? Vous reconnaissez-vous dans cette histoire? - Allez-vous écrire d'autres romans pour enfants? Merci beaucoup de votre réponse à cette lettre, et bonne continuation par la suite, Mathilde et Ségolène Chères enfants, Je suis ravie que mes livres vous aient plu. Voici quelques réponses aux questions que vous vous posez. - Est-ce que vos histoires sont des histoires vraies? Tout dépend de l'histoire. Je m'inspire de gens que je connais, de choses que j'entends. Souvent, je transforme un peu les choses, surtout quand mes portraits ne sont pas flatteurs. L'important, c'est que ce soit réaliste. - Quand avez-vous commencé à écrire pour la première fois? Quand j'étais petite. J'adorais raconter des histoires sans queue ni tête, que mon auditoire subissait avec plus ou moins de patience. Je les écrivais parfois. Le premier livre que j'ai publié est un recueil de contes de fées que j'ai inventés pour mes petites-filles. - Quelle est l'histoire préférée que vous avez écrite? J'ai pris un plaisir sans nom à écrire «Les Mémoires d'un âne». À travers Cadichon, j'étais libérée de toutes les convenances, de toutes les morales, de toutes les règles auxquels les auteurs pour enfants doivent obéir. Malheureusement, mon éditeur ne l'a pas entendu de cette oreille et m'a demandé de convertir mon animal favori pour les besoins de la cause. Cadichon finit donc par devenir gentil, mais c'est un peu dommage. - Est-ce que vous vous êtes inspirée des personnages de la vraie vie pour vos oeuvres? J'ai la fâcheuse habitude de n'écrire que ce que je vois; aussi, je me suis en grande partie inspirée de moi-même, des nombreux enfants de ma famille et des gens que je côtoie. Camille, Madeleine et Elisabeth sont mes petites-filles. Jacques est mon petit-fils. Quant au parafouet du bon petit Diable, il a été sinon inventé du moins repris par le fils de mon amie, la princesse d'Hénin. Parfois je reprends seulement des histoires ou des situations; ainsi, la Christine de mon «François le Bossu» m'a été inspirée par un petit garçon que j'ai connu et que sa mère délaissait. - Dans le conte «Les malheurs de Sophie», pourquoi cette dernière fait-elle toujours des bêtises? Parce que c'est une enfant de quatre ans, qu'elle est vive, ingénieuse et emportée, et qu'elle ne maîtrise pas toujours les conséquences de ses actes. - Pourquoi avoir pris votre prénom pour le donner à votre héroïne, dans «Les Malheurs de Sophie»? Vous reconnaissez-vous dans cette histoire? Je ne me reconnais pas dans cette histoire, qui n'est du reste pas tout à fait la mienne. Je me reconnais dans cette enfant, qui du reste n'est pas tout à fait moi. - Allez-vous écrire d'autres romans pour enfants? J'ai mis un terme à ma carrière littéraire il y a deux ans à la suite de graves problèmes de santé. Je n'écris plus de romans, mais j'ai quelques projets, principalement une vie des Saints et de petits livres de leçons. Je vous conseille de lire les autres lettres auxquelles j'ai répondu, vous y trouverez parfois des réponses plus éloquentes. N'hésitez surtout pas à m'écrire à nouveau. Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur. |
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