Titre |
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| Bonjour! Quel sera le titre de votre prochain livre? Merci. (Merci de me dire sa date de parution) Ciao. un admirateur ! |
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| Paris, ce neuf septembre 1872, Monsieur, Vous me faites un immense plaisir en m'écrivant, même ce petit mot. Quel plaisir de voir que mes lecteurs sont petits et grands, tous avec le même intérêt. Je suis ravie, vraiment. C'est un honneur et un réel plaisir pour moi. Vous me demandez, à juste titre, quel est le titre de mon prochain roman. J'ai le soulagement mais aussi le regret de vous annoncer qu'il n'y en aura pas. En effet, je ne peux plus écrire maintenant, je sens bien que le dernier sera Après la pluie... j'ai commencé à écrire avec ma petite Camille, il est juste que je m'arrête avec son fils. Plus j'écris, et plus je me rends compte que je ne peux m'empêcher de faire grandir mes personnages. Mes héros grandissent avec Camille! Cette enfant m'est si chère! J'écrivais pour son plaisir; à présent elle ne me lira plus aussi je m'arrête. J'ai appris par Dialogus que la dédicace écrite au petit Paul a disparu de certaines éditions d'Après la pluie... Aussi je me fais un plaisir de la retranscrire ici: «Tu es, cher enfant, mon premier arrière-petit-fils, comme ta maman a été ma première petite-fille. C'est à elle que j'ai dédié mon premier volume, c'est à toi que je dédie le dernier et vingtième ouvrage, qui se trouve représenter le nombre de mes petits-enfants. Je te bénis en finissant ma carrière littéraire. Prie pour moi quand je ne serai plus de ce monde. Puissent tous mes lecteurs en faire autant: le bon Dieu aime les prières des enfants.» Avec Geneviève, j'ai fini ma carrière littéraire. Je bénis mes petits lecteurs, ils en voudraient toujours plus! Mais je crois n'avoir à ce dernier roman rien à ajouter. J'ai fait de Geneviève ce que j'aurais ardemment désiré pour mes petites; une femme mariée mais libre, heureuse et épanouie justement parce que mariée à un homme brillant, simple et droit. Une femme malheureuse qui deviendra amoureuse et sera sauvée par cela. Mais si l'amour sauve certaines personnes, il en perd d'autres et je n'en ai près de moi que la trop juste preuve. Je ne publierai plus, monsieur, parce que mon petit lectorat commence à se marier. Dieu! Que le temps passe vite! Je prie pour vous, cher «admirateur», que Dieu vous garde! Comtesse de Ségur, Née Rostopchine |