| Élodie | ||
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| Madame | ||
| Madame, Comment allez-vous depuis notre dernière missive? Moi, bien, sauf que ma tante est morte d'un cancer du sein qui s'est généralisé. Cordialement, Élodie de France Chère Élodie, Lorsque j'étais toute jeune fille, j'ai perdu mon petit garçon de deux mois, qui s'appelait Renaud. J'ai su après sa mort que la façon dont on l'avait nourri était mauvaise et que, si j'avais su écouter, si j'avais su regarder, si j'avais su comprendre, je l'aurais peut-être sauvé; et ce «peut-être» m'était insupportable. Dieu t'a repris la tante que tu aimais tant, ma chère enfant; mais console toi en te rappelant que, dans Sa grande bonté, Il a permis qu'elle ne souffre plus et qu'elle vive de la vie éternelle. Je crois profondément que, si Dieu a choisi de faire mourir les hommes, c'est parce que nous trouverions ce monde si beau que nous ne chercherions même plus à gagner l'autre et qu'Il nous aide à nous résigner, petit à petit, à la nécessité de le quitter. Le soleil lui-même n'est beau que parce qu'il se couche! Prie le Bon Dieu de te donner du courage. Je vais en faire autant de mon côté. Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur Madame, Je suis fort triste pour vous. Merci pour vos paroles qui sont sages et qui consolent mon âme de la perte de ma tante. Élodie |
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