Lucrèce
écrit à

   


La Comtesse de Ségur

     
   

Je les dévorais

    Chère comtesse de Ségur,

Quand j’étais petite fille, j’adorais lire vos livres. Je les ai presque tous lus! Vous m’avez donné l’envie de lire, je les dévorais: «Les malheurs de Sophie», «Les petites filles modèles», «L'auberge de l’Ange gardien», «Le Général Dourakine »…

Enfin, je pourrais les lire et les relire mais je suis en Argentine et il est difficile de les avoir à sa disposition. 

Bien sûr, je les ai lus en espagnol; maintenant je suis en train d'étudier le français et j’aimerais les relire dans cette jolie langue. Maintenant je suis une grand-mère (douze petits-enfants) et il serait logique que je leur lise ces livres, à eux qui ne parlent pas le français.

À bientôt, chère madame.

Lucrèce

Chère Lucrèce,

Ciel! je suis lue en Argentine! Je savais monsieur Hachette bien habile homme, mais de là à ce qu'il parvienne à me faire lire en Argentine... Cet homme réserve décidément bien des surprises. Je suis certaine que vous parviendrez sans difficulté à vous procurer mes œuvres en français: on les trouve partout.

Si un jour vous avez l'occasion de me lire à vos petits-enfants, vous pourrez leur dire que vous avez écrit à la grand-mère qui écrivait pour eux dans les années 1860... Je pense qu'ils seront étonnés.

À bientôt,

Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur