Cécile
écrit à

   


La Comtesse de Ségur

     
   

Avis personnel

    Bonsoir chère Comtesse de Ségur,

En cette heure tardive, j'aimerais, si cela ne vous dérange pas, vous demander votre avis sur l'une de mes rédactions que j'ai faite il y a peu de temps (j'ai été notée, mais j'aimerais recevoir plus d'explications sur mes erreurs, mes tournures de phrases).

Je ne voudrais pas vous faire perdre votre temps, c'est pourquoi je vais attendre votre réponse avant de vous ennuyer avec mes petits soucis personnels.

Amicalement,

Cécile.



Note.
Les fautes dont parle Madame la Comtesse ont été rectifiées par l'équipe de Dialogus pour les besoins de l'édition.

Ma chère enfant,

Qu'il est loin, le temps où j'instruisais moi-même mes filles! Je crains de ne pouvoir guère t'aider. Je doute que les gens de mon siècle écrivent, ou du moins désirent que l'on apprenne à écrire de la façon dont vous devez le faire aujourd'hui. Non pas que je risque d'être moins clémente, bien au contraire. Seulement, je ne sais pas ce qu'attendent de vous vos professeurs et ne saurais donc juger.

Je vois que tu as fait bien des efforts dans ta lettre. Il te faut corriger quelque peu ton orthographe: je suis comtesse et non contesse, bien que quelquefois je me fasse conteuse. D'autre part, il faut dire «la rédaction que j'ai faite» et non «que j'ai fait». «L'une des rédactions» et non «de mes rédactions» serait d'ailleurs plus léger. Ce sont ces quelques étourderies qui doivent t'attirer les foudres de l'implacable magister, mais je ne doute ni de ton intelligence ni de ton imagination, du reste, car je pense qu'il en fallait pour venir me trouver.

Reçois les excuses d'un vieux tigre fatigué,

Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur