| | | Ma très chère comtesse,
Quel bonheur de pouvoir partager ces
quelques lignes, je vous dois tellement de choses! Merci d’avoir ouvert
les portes de mon imagination, de m’avoir donné envie de lire, de
relire et de me plonger dans la littérature. J’ai maintenant trente ans
et vous faites partie de mon cœur pour toujours. Merci de m’avoir fait
rencontrer ces petites filles et ces petits diables: pour moi ils
restent des amis d’enfance.
À très vite,
Laury
Chère Laury,
Votre lettre me touche et me fait regretter de ne
plus pouvoir écrire. Enfin! Il faut bien que vieillesse se passe... il
y a une chose que je voudrais vous demander, c'est d'offrir mes livres
comme un jour, sans doute, on vous les a offerts. Ainsi, peut-être me
lira-t-on encore dans longtemps.
Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur
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