Louise et Anaëlle
écrivent à

   

Franz Schubert
Franz Schubert

     
   

Après Vienne
Projet en français 4B, collège Don Bosco

   

Très cher Franz,

Nous avons appris très récemment que vous aviez quitté Vienne. Vous sentez-vous bien après ce départ? Nous l’espérons sincèrement pour vous, et nous imaginons qu’être maître de musique vous rend très heureux! Votre embauche chez Esterhazy, ce mécène, va sûrement vous faire gagner de l’argent, grâce à votre passion, la musique. Nous prions pour que l’entente entre vous et les jeunes filles se passent merveilleusement bien.

Vous semblez désolé de ne pas rencontrer plus de succès avec les femmes… Nous pourrions vous présenter à notre cousine Elisabeth de Mont-Tour qui est une femme très intéressée par la musique. Nous serions heureuses de vous préparer, à vous et à notre cousine, un agréable repas, samedi prochain.

Toutes nos plus grandes salutations, à la semaine prochaine,

Louise et Anaëlle


Chères Louise et Anaëlle,

Je devine un peu de malice et d'humour dans votre message, et cela me réjouit à vrai dire!

Je vous rassure d'emblée: je vous écris bien de Vienne! Mais vous le savez probablement, puisque vous vous êtes amusées, avec d'ailleurs un savoir étonnant, à évoquer des épisodes passés de ma vie (comment diable en avez-vous eu connaissance?). Vous devez donc savoir que mes séjours hors
de Vienne, si rares, datent déjà d'il y a quelques années. Mon dernier séjour chez les Esterhazy, puisque c'est de lui que vous parlez, remonte à plus de quatre ans. Et mon premier voyage chez eux (pour y être embauché effectivement comme maître de musique) à presque dix ans!

Pour vous faire plaisir, je veux bien jouer un peu avec vous à remonter le temps. Me voici donc à Zseliz, en Hongrie, auprès du comte Johann et des charmantes comtesses Marie et Caroline. J'y passe de délicieux moments et si quelques fois, une tristesse sourde imbibe mes pensées, ce n'est pas, comme vous l'imaginez, faute de succès auprès des femmes (ce n'est pas à Zseliz que je me plaindrais de cela...!). C'est simplement que cette bonne ville de Vienne me manque et me rend nostalgique. Il y a à Vienne un sentiment artistique véritable qui manque ici, à Zseliz. Il y a aussi, bien sûr, de ces amis chers dont la compagnie m'est plus indispensable que n'importe quelle comtesse, aussi agréable soit-elle. Il y a enfin que c'est seulement à Vienne que s'épanche ma passion pour la musique.

C'est pourquoi, à mon grand regret, je ne pourrai être des vôtres samedi, et dois-je refuser votre si aimable invitation: je serai déjà reparti à Vienne!

Saluez toutefois votre cousine de ma part et recevez mes plus chaleureuses et musicales salutations,

Votre dévoué,

Franz Schubert