Charles-Henri
écrit à

Schtroumpf Grognon
| Hier j'ai regardé les schtroumpfs et je vous ai aperçu dedans; j'ai pu
en faire une nette conclusion: arrêtez de nous casser les pieds en vous
plaignant, si vous n'êtes pas content, alors allez vous pendre et on
sera tous heureux. Chrles-Henri Charles-Henri, J'ai peine à croire qu'un homme de noble condition comme le laisse présager ce grotesque prénom composé en soit réduit à regarder les schtroumpfs à ses heures perdues. Que n'êtes-vous au côté de l'autel, schtroumpfé dans une soutane immaculée, à entonner des psaumes rédempteurs de votre voix hongre et empêchée en projetant déjà de soulever les jupons de Marie-Clotilde derrière la sacristie? À moins qu'un gandin de votre espèce n'occupe ses dimanches à la chasse à cour en compagnie de Foulques son père et Jean-René-Donatien de La Pissotière Saint-Flanc son oncle, afin d'évoquer tout en génocidant le peuple cervidé les derniers préparatifs de votre mariage en grandes schtroumpfes avec sa fille votre cousine, la pimpante et nigaude Sybille-Aglaé, davantage choisie afin que les biens familiaux le restassent que pour sa beauté toute relative, résultat patent d'une consanguinité séculaire aux relents patrimoniaux. En outre, je m'ébaubis que votre sens aigu de l'à-propos faillisse à découvrir l'inconséquence qu'il y a à vous plaindre vous-même de mes grogneries perpétuelles, et vous invite donc chaudement à la réciproque de votre conclusion, que j'imagine âprement gagnée lors d'une lutte sans merci de votre esprit contre l'intelligence. Nul doute que du haut sommital de votre suffisance de jeune mirliflor insolent, vous n'aurez aucune peine à atteindre la corde... Mes amitiés viriles à madame votre mère. Schtroumpf Grognon |