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Carole1600000000@aol.com |
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Ludwig ou le crépuscule des dieux |
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| Bonjour, Vous avez joué une quatrième fois le rôle de l'impératrice Sissi, dans un film de Luchino Visconti «Ludwig ou le crépuscule des dieux» au côté de Helmut Berger. Comment avez-vous vécu le tournage? Et pourquoi avoir accepté de rejouer le rôle de l'impératrice? En attente de votre réponse, veuillez agréer de ma profonde admiration, Carole Ma très chère Carole Effectivement, j'ai joué une quatrième fois cette impératrice! A l'époque, encore en Allemagne, j'avais catégoriquement refusé de rejouer une quatrième fois la Sissi de Marischka. Ces tournages ne m'apportaient rien si ce n'est beaucoup d'argent et beaucoup de soucis. Ce refus m'avait donné l'incompréhension de ma famille, qui ne comprenait pas comment je pouvais refuser un million de Marks. La suite de ma carrière d'actrice, je crois, m'a donné raison. Avec Luchino ce fut tout autre chose, mais il est vrai qu'après avoir échappé à la folie Sissi, je ne comprenais pas pourquoi Visconti me proposait de me replonger dans cette folie. D’autant plus qu'en 1960 il était le premier à donner raison à ma fuite, sachant que ce que je voulais ne se trouvait pas dans les films de Marischka. Alors vous comprenez mon étonnement devant la proposition de Visconti de me faire rejouer l'impératrice Élisabeth d'Autriche. Je savais aussi que le cinéma de Visconti n'avait strictement rien à voir avec celui du réalisateur allemand, cependant j'avais peur de revivre des moments douloureux. Lors d'une longue discussion, Luchino m'a appris que son Élisabeth à lui, telle qu'il voulait la montrer à l'écran, était la vraie impératrice, avec ses folies, ses rêves évanouis, une Élisabeth qui glisse inexorablement vers la folie, à l'image de son cousin Ludwig II, roi de Bavière. Ce projet de montrer non pas une Sissi d'opérette, non pas une impératrice capricieuse, m'a rapprochée de l'idée. Je pouvais enfin chasser mes anciens démons. Du moins je le croyais. Le tournage fut très très épuisant pour tous. Visconti tournait dans des décors réels, dans le froid de l'hiver allemand, dans les châteaux non chauffés, j'ai attrapé une angine et j'ai dû me faire soigner. Luchino était très précis sur ce qu'il voulait, très maniaque et autoritaire, nous avons eu quelques frictions lui et moi. Je me souviens de la scène dans le manège où Ludwig vient retrouver sa cousine. Luchino voulait que je sois plus impératrice que l'impératrice, aussi ai-je dû supporter pendant trois heures un corset en fer me tenant le dos bien droit. Le résultat est stupéfiant, mais j'ai souffert le martyre! Aimez-vous le film? Grosses bises Carole. Rosemarie, Paris Bonjour, Re-bonjour ma très chère Carole |
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