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La Bansidh |
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Le rire et toi |
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| Mes hommages Sombre Ami, Baudelaire et toi avez du bien vous entendre puisqu'il disait: «Le rire est satanique, il est donc profondément humain». En lisant ta volumineuse correspondance, je dois te confesser (non, je refuse de réciter des niaiseries pour faire pénitence!) que tes réparties décapantes m'ont terriblement et délicieusement humanisée. La Bansidh PeTiTe FéE dEs pLaNtEs, Tu sais qu'une fleur, ce n'est en fait qu'un sexe grand ouvert aux quatre vents et qu'en me fourrant le nez et la langue et le menton dedans, j'arrive à des miracles dont même Dieu ignore les bons offices? Sombre et Fascinant Ami, RRRrrrrrrrRRRRrrrrrr enfin un tentateur qui sait parler aux filles des tertres! Ravie de savoir que ta [...] de langue est bien pendue au propre comme au figuré. Voilà des propos qui ne sortiront jamais, en effet, de la bouche de Dieu; Les seuls offices qu'il connaît ont lieu le dimanche et je fais l'impasse sur cette matière. Merci de cette réponse qui fait renaître en moi l'écho d'une vieille légende. La Bansidh La Bansith, Tu fais aussi naître en moi de vieilles légendes. Cordially, SATAN Ténébreux ami, Ne t'y trompe pas, la nature de la Bansith, petite fée des plantes, est assez radicalement différente si tu remplace son «t» par un «d»... Tu parcours la terre jour après jour, moi je n'ai qu'une nuit, mais elle approche. Nous ne cueillons pas les mêmes fruits mais finalement le résultat est le même, ne crois-tu pas? La Bansidh Lumineuse adoration, petite fleur des prés, continue, ne t'arrêtes pas, tu me fais ban-d, c'est san-t. Tu vois, Petite Verdure, Dure Ouverture, Douce pour Tous et sans bavure, satan avec un d donne sadan et santé sans t sonne sandé ce qui ne dois pas t'empêcher de transcender ma brosse à dents, dans tes doux appartements, sans détour, pour une nuitée seulement... Un nid, un puits, subtil non-dit sous ton nombril... Tes pistils puissent-ils mon grand drain assujetir en douce pâture pour que toujours demain tu puisses t'épanouir? Je... Je crois que je suis amoureux. Y'a bon d de bon t pour le bandwith de la Bansith. Amicalement, SATAN Ténébreux Tentateur, Noirceur de mes nuits, Je ne cesse, je poursuis inlassablement, Bansidh je suis, jusqu'à l'assouvissement. Tous tes «t», tous tes «d», délicieux frémissements, laissent augurer nos taies et les dés qui sont jetés. Et ce toujours que tu susurres et qui résonne comme une promesse. Et mes non-dits rencontrent tes avances, sans s'en offenser, les devancent avec fièvre. Je dépose mon offrande à tes pieds (fourchus?), sous la lumière diaphane de l'astre nocturne. Une nuit, une unique nuit avant de rejoindre les ténèbres, bientôt. Croiserai-je ta route lorsque sera venu le temps de Samhain? Subtilement tienne, La Bansidh Pourquoi m'écris-tu si tu es Bansidh? Tu ne crois pas en moi. Tu penses jouer avec qui? Han? Eum errorem depellite SATAN L'erreur aurait été de ne pas croire en toi justement. C'est parce qu'on ne croit plus en moi que la chasse est devenue si facile. Pourquoi je t'écris? Regarde autour de toi, Sombre Ami: les esprits sont frileux, les hommes se complaisent dans la grisaille. Rares sont ceux qui seraient susceptibles de me captiver. Mais je peux comprendre que cette parenthèse dans tes activités ne t'intéresse pas; Maître Procte n'aura pas beaucoup de travail avec moi. La Bansidh Ton époque est révolue, la Bansidh, en effet. Je n'ai pas trop compris leur histoire, mais tout ce que je sais, c'est qu'à la naissance de leur Jésus, les humains ont eu besoin de moi pour incarner le mal. Quelle joie! Ces êtres affreux, crédules et stupides m'ont élu à l'unanimité pour, en fait, faire ce que je veux, quand je veux, où je veux. À chaque instant, la Bansidh, on tremble devant la puissance qu'on m'a accordée, on me juge, on me condamne et finalement, inlassablement, on me libère sous des conditions que je ne respecterai pas, bien sûr. Je suis libre. Je suis omniprésent. Et on m'a invité à l'éternité. Tes peuples ne me connaissaient pas avant l'arrivée de ce Jésus. Tu régnais sur de vrais sujets... Je régne sur un troupeau d'imbéciles. Mais je règne. Et c'est ça qui est important. Je peux toujours t'appeler ma Bansith, dis? J'avoue que je me sens un peu seul entouré de ces pauvres gens. Courtoisement, SATAN Sombre Ami, Les hommes ont besoin de pointer du doigt une incarnation du mal. En te désignant, en croyant en toi, ils t'ont libéré; en cessant de croire en moi, ils ont brisé mes chaînes. Mon époque est révolue, certes, mais mon temps est venu. Les contraintes de ma condition ont disparu lorsqu'elles sont devenues légende. Je te laisse volontiers mes peuples Ami, et la louve marche au milieu des moutons. Je n'ai pas ton pouvoir, le mien culmine une nuit par an, mais durant les 364 autres nuits, je ne suis ni impuissante, ni prisonnière... Et lorsque vient ma nuit, je me souviens de temps anciens, d'un autre toi, que l'on craignait et que l'on révérait; je me rappelle toutes ces puissances qui régissaient l'univers et que les hommes ne connaissent plus. Et, alors qu'autrefois les hommes allumaient des feux, se terraient chez eux, ils marchent aujourd'hui dans les rues, font la fête... et personne ne leur dit de fuir le regard des femmes trop captivantes. Règne Cornu, tu l'as toujours fait ! La Bansidh, ta Bansith Ton temps est venu? Ah! Je ris ma pauvre Bansith! Sois juste ma petite fleur et je veillerai à ce que tu ne manques de rien. Apportare aliquid novi SATAN Ami des belles fleurs, Toi qui sait apporter à la petite fleur ce dont elle a besoin, daigne considérer la créature qu'elle est dans son entier. Alors tu sauras, mieux que quiconque, ce qui lui manque. Je suis ta petite fleur... je ne suis pas que cela. Tu me vois ravie de t'avoir fait rire, puisque j'avais éprouvé du plaisir à rire de tes réparties sulfureuses. Mon temps est bien venu mon ami, parce que je suis libre. Et ce temps, loin de sonner le glas du tien, ramène vers toi les lapins qui viennent à moi en se croyant chasseurs. Ma nuit approche. Je me demande parfois si cette nuit-là a une signification pour toi... La Bansidh Je n'aime pas les filles têtues. Rentre chez toi et fiche-moi la paix. Nihil obliviscitur paeter injurias SATAN |
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