Salamandridae 
écrit à



Satan
Satan




Faiblesse



Ce que l'écrit n'écrit pas, ce que la parole ne dit pas, ce que le conscient ne nous montre pas, ce que le rationnel rend inexistant, ce que les gens ne veulent pas savoir, ce qu'on transforme à vouloir comprendre, cet imaginaire, cette force qui me rend si faible ici.
 
De notre spécialité qui devient notre faiblesse.

J'oublie, ce que je perds... d'ici et de moi.



Tu es, me semble-t-il, tel un ibis qui fait de la neurasthénie. Oui, et en débagoulant ta vérité, tu as employé un accent élégiaque semblable à celui du Ouaouaron. Icelui est réputé barbant d’avec son inflexion spleenétique, certes, mais cette grenouille gigantesque émet des avis secourables. De ce fait, la non-chétivité de ta thèse m’attire... lerche.

Ce que l’écrit n’écrit pas, dis-tu. À quoi bon d’écrire si on ne parvient pas à décrire? dis-je.

Non, non, soyons concis: pourquoi sens-je que tes mensonges proviennent d’un panachage de vertu et de l’antonyme d’icelle? Pourquoi cet air gourmé qui m’évoque l’oiseau de Junon? Hum! Ton âpre vécu te gorge de fierté. Cette dernière naît d’un hier saumâtre, et quoique légitime, peut enfanter la morgue, le dédain. Psitt! Ce dernier corrodera ton âme. Salamandre, je sais qu’on te traitait jadis d’acéphale et même d’ânon quand tu étais encore écolier -mon sens anesthésique me le révèle. Alors que tu étais juste un enfant atteint de dyspraxie. Cette dernière vient de tous ces contes effrayants maculés par des religieux et des auteurs éhontés. «Il faut, disent-ils, effrayer pour frayer notre sentine, je dis bien sentine.»

Et,

La brise souffla et le marrube valsait avec lenteur. Une passacaille? Œillade.

Deux gaules joignant un cygne,
SATAN
Σατανάς



Après réflexion, je me rends compte que j'ai pris l'attitude de quelqu'un qui désire qu'on le plaigne.

Ce que je ne voulais pas faire, je l'ai fait. J'ai été pitoyable, mais je compte me ressaisir. Il faudrait peut-être que j'apprécie à sa juste valeur ce que j'ai, plutôt que d'attendre de le perdre pour le regretter.
 
Merci de m’avoir ouvert les yeux sur ce point.



Elle aussi -ta jugeote- elle oscille. Salamandre, je te veux comme une harpe. Oui, à chaque horion de ma part, tu dois me rendre des sons harmonieux. Et là, hélas, tu ne fais que corroborer l’exactitude de ma notion, de ma peinture touchant ta personne.

Secundo: ton mal t’a seulement déniaisé; celui-ci dérive de ton soi-disant savoir et de ton «je» immensément grossi… Da. Dis, pourquoi l’ouille du véritable supplicié ne s’ouït guère? Tu as souffert parce que tu as su faire ou vice-versa?

Et, zigue, il y a ceux qui savent que l’alouette est non percheuse, certes, mais ceux-ci savent-ils pourquoi elle l’est? C’est ton cas. Œillade.

Tertio: souvent tu pleures, offensé, parce que tu as pardonné à tes offenseurs. Peut-être, me dis-je, se décideront-ils (…) à souffrir pour que ton faix s’allège. Et l’honneur se perd, mais se récupère en s’immolant, oui.

Ultimo: non, je dois me calter. J’enfilerai la sente qui mène aux Madelonnettes.

Vive valeque.


Deux gaules joignant un cygne,
SATAN
Σατανάς