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enfants_nuit@yahoo.fr |
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Au propriétaire de l'Enfer |
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| Propriétaire de l'Enfer, Veuillez, s'il vous plaît, m'éclairer sur la nature de votre être... Laissons de côté les fables religieuses et les deux pôles moraux judéo-chrétiens sous lesquels nos actes sont arbitrairement jugés. Je suis venu à la conclusion que le Bien et le Mal ne sont que des concepts purement abstraits, un vocabulaire de mortels, utile pour axer l'existence de ces derniers, qui se fait bien trop courte et chaotique. Les réponses apportées dans votre correspondance sur le Bien et le Mal m'ont laissé sur ma faim. En observant les choses, j'ai compris que rien ni personne ne pouvait poser d'actes qui ne soient Bon ou Mauvais. Chaque être n'agit que par sa propre initiative et son ego est son seul moteur. Aucun être ne peut exister pour répandre le Bien ou pour répandre le Mal, c'est une absurdité. Les gestes posés peuvent être interprétés par l'environnement, mais là s'arrête le jugement. Je crois donc que vous, Maître du Mal, n'agissez pas pour répandre celui-ci, mais plutôt parce que ce dernier vous ronge. Un mal, une blessure vous saigne et vous désespère et traduit votre malheur. Ceux qui posent des gestes nobles sont forcément en état de sérénité profonde et ceux qui posent des gestes nocifs et tristes sont, quant à eux, prisonniers du pire des désespoirs. Il y va de la logique. Vous devez donc être mité d'un drame désolant et vous agissez donc en ce sens. Beaucoup doivent vous craindre, car cette fameuse blessure semble tout vous avoir pris. Vous n'avez plus rien à perdre. Mais je me questionne sur l'essence de cette blessure, au-delà de ce que les fables du Grand Livre en disent. Êtes-vous un écorché vif? Que gagnez-vous donc à offrir la souffrance aux mortels soit par la damnation, soit par la tentation? Faites-vous de la projection? Vous éparpillez en eux cette souffrance trop lourde à porter? Car ne vous méprenez pas. Je tente simplement de comprendre et votre réponse usuelle ne me satisfait point et me la répéter serait une insulte à votre propre intelligence. Vous avez affaire ici à un non-croyant et donc, je ne peux vous craindre. Épargnez-moi insultes ou imbroglio et tentez de me répondre pour m'éclairer sur cette blessure qui est la vôtre. Peut-être pourrais-je vous aider. Avec empathie, Le Non-Croyant Je suis seul maître à bord, oui. Si tu veux m'aider, sois mon vassal et je serai un bon maître pour toi. Tu ne manqueras de rien. Va mentir à ta mère. Va voler un aveugle. Va blesser un chien. Je suis seul maître à bord. SATAN |
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