| Lettre d'acceptation de Satan à l'Éditeur |
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| Monsieur Dumontais, Me Fein Procte, mon avocat, m'a fait part de vos recommandations quant au langage et aux propos à observer sur votre... magnifique, fabuleux, que dis-je, colossalement formidablissime site, où foissonnent, au sein d'une culture éminemment bienveillante et capiteuse, à la fois d'incommensurables talents joints à de telles grandeurs d'âme, que, franchement, je ne saurais résister à l'envie de célébrer ici, avec vous tous, la grande déclaration de mon pitoyable, bien que très sincère mea culpa, lequel vise obtention, ultimement, de votre très noble, voire héroïque pardon, afin, enfin, chers, très chers amis, que je puisse humblement -malgré le fait que je sois pleinement conscient de n'en être nullement digne- me joindre à votre grand bal édénique, aussi prestigieux que fascinant, afin d'apporter mon occulte, quoique maigre et minable participation, si cela, bien évidemment, ne déplait pas outre-mesure au reste de vos invités... J'aimerais prendre la parole, ô, âmes sensibles, devant vous qui ne m'avez jamais, de toute mon existence, appris à m'aimer et à aimer autrui... Pour vous accorder mon pardon, comme je vous demande de le faire pour moi. Je ne suis, en fait, chers amis qu'un petit enfant qui souffre... Un jeune enfant incompris et mal guidé. Aussi pardonnez-moi si je perds parfois le contrôle de mes faits et gestes... Mais voilà, madame, monsieur, ma terrible réalité... Un être blessé abandonné à son insoutenable désespoir... Je... Je suis une victime, Monsieur Dumontais... Accueillez-moi parmi vous. Je suis repentant et je ne désire que bien faire... Aussi je fais pénitence et mortification et oui, je jure - de manière solennelle et devant Dieu Lui-même - de répondre en bon français à vos lecteurs, selon les plus élégantes règles de bienséance. C'est à genoux, s'il le faut que, me trainant devant vous et devant le reste de vos acolytes, j'implore votre pardon pour les péchés que j'ai eu l'affreux déshonneur de commettre par le passé, en espérant que cette lettre s'averera assez poignante d'émotions misérables suffisant au témoignage de toute la bonne foi que j'accorde à ma demande. Mon avocat, de toute façon, filtrera ma correspondance et, par le fait même, soit dit en passant, se fera un plaisir de remplir les papiers nécéssaires à ceux qui voudront, par le biais de Dialogus, me vendre leur âme. Né pour servir... SATAN Omnes nos gaudere hoc te credo credere Hanc mihi necessitatem imposui Abuti alicujus facilitate... cc: Me Fein Procte |