Marxisme et husserlisme |
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| On peut vous accuser sans ambages d'avoir
cherché à marier matérialisme dialectique et phénoménologie,
ou, pour parler trivialement, marxisme et husserlisme. Cela n'est-il pas, au niveau
des principes, comme chercher à touiller frénétiquement une
bouteille remplie d'eau et d'huile, dans l'espoir que ces deux substances fusionnent,
ou mieux dans l'espoir que le témoin épistémologique regardera
ailleurs quand, après l'inévitable moment de repos de la bouteille,
les deux liquides finiront implacablement séparés? Éloi Morin |
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| Monsieur Morin, Certes, il peut apparaître futile de vouloir unir marxisme et phénoménologie. Or, il faut savoir que la phénoménologie a la capacité d'étudier et de s'immiscer là où il y a des phénomènes. Marx et la production de sa doctrine trouvent leurs sources dans la phénoménologie ou, peut-être de façon plus réaliste, la phénoménologie peut expliquer les sources du marxisme. Sans doute est-il si difficile de mélanger l'eau et l'huile, sans doute les deux substances vont-elles finir par se dissocier, mais soyons francs: peut-on réellement comparer deux substances à deux doctrines? Si je veux vous montrer ce qu'est Paris, je ne passerai pas par Pékin. Si personne n'avait eu l'audace d'essayer de mélanger certaines substances, jamais notre science n'aurait évolué. Si vous cherchez à me discréditer, cherchez en vous ce qui fait que vous ne voulez pas unir ce qui vous semble contradictoire. Qui ne tente rien n'a rien, n'est-ce pas? Jean-Paul Sartre |
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| Très bien. Je vais donc poser
ma question sous une autre facette. Quelle différence y a-t-il entre la phénoménologie
de Husserl et même la soi-disant "ontologie" d'Heiddeger, et le bon
vieil empirisme de Berkeley? Éloi Morin |