Gérard Lison
écrit à

   


Marquise de Sade

     
   

Révolution française

    Chère Madame la Marquise de Sade,

C'est avec émotion que j'écris à l'épouse d'un des plus grands écrivains de son époque.

Votre époux était certes un homme quelque peu excentrique mais ses ouvrages sont dotés d'une excellente facture littéraire.

Je vous écris surtout au sujet des terribles événements de la Révolution française de 1789, où me semble-t-il votre époux a échappé de peu à la guillotine!

Comment avez-vous vécu et traversé cette terrible époque?

Amicalement, G Lison




Cher Monsieur Lison,

Je vous remercie pour votre aimable message.

Vous avez raison de parler de l'excentricité de mon époux. C'est vraiment le moindre de mot. En même temps, je suis contente d'apprendre que son oeuvre perdure encore dans votre temps. Mais sachez, Monsieur Lison que certains de ses ouvrages ont véritablement fait scandale à mon époque. Que ce soit en actes ou en écrits, Donatien savait faire parler de lui.

En fait, j'ai très mal vécu les premières semaines de la Révolution. Je ne sortais pratiquement plus de mon couvent de Sainte-Aure, où je m'étais réfugiée. Je n'avais que quarante-neuf ans, mais la lassitude découlant de tant d'obstacles et de larmes avait pris le dessus. Par la suite, je suis retournée en Normandie, dans notre château d'Échauffour en compagnie de ma fille, où je demeure toujours d'ailleurs. Mais je ne vous cacherai pas la rancoeur qui habite mon coeur, le dégoût aussi. Tant de trahisons, de vices, de perversités. Il m'aura fait mourir à petit feu. Tant de luttes, tant de souffrances, à cause de l'égoïsme d'un homme seulement!

Voyez-vous Monsieur Lison, la vie est un combat. Tous les évènements s'y sont réunis pour me le prouver. Et je ne sais même pas s'il est légitime d'être fière d'un combat tel que celui-ci.

Bien à vous.

Marquise de Sade



Chère Madame la Marquise de Sade, je vous remercie pour votre gentille réponse. Je suis certain que vos sacrifices méritent tous les éloges. D'autant plus que la période révolutionnaire troublée a dû considérablement rendre pénibles vos épreuves. Acceptez toute ma sympathie.

Amicalement, G Lison