Gérard Lison
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| Votre Majesté, C'est un grand honneur pour moi d‘écrire à la représentante d'une aussi prestigieuse dynastie que celle des Romanov. Je vous écris depuis la Belgique et sachez, votre Majesté, qu'aucune des souffrances imposées à votre famille et à votre peuple par les bolchéviques ne nous est inconnue. La privation de liberté, les intimidations, les menaces, les humiliations et les conditions intolérables de votre emprisonnement augurent mal de l'avenir que ces personnages réservent à la Sainte Russie millénaire. Enfin, pour éviter de parler de ces choses déprimantes, et comme de toute façon, il est impossible de réécrire l'Histoire, j'aimerais vous interroger sur une question de succession dynastique. Il me semble que la monarchie russe privilégie la primogéniture légitime masculine dans l'ordre de succession au trône. Cependant, la Russie a connu plusieurs grandes tsarines et l'Impératrice Douairière (votre grand-mère paternelle) a déclaré que c'était en dernier ressort au peuple de Russie de décider. Si la monarchie russe venait à traverser avec succès les épreuves qui lui sont imposées et en l'absence d'héritier masculin, le choix d'une tsarine serait-il possible? La mauvaise santé de votre frère Alexei et le décès de votre oncle le Grand Duc Michel (je suis désolé de devoir vous apprendre cette mauvaise nouvelle et vous présente mes sincères condoléances) laisse planer l'incertitude sur ce sujet. Alors pourquoi pas une impératrice? Amicalement et dans l'espoir de meilleurs jours, Gérard Lison Cher G. Lison, Merci de votre compréhension et votre soutien pour ma famille et moi dans ces moments de difficulté, cela nous va droit au coeur. Vous devez comprendre que je fais partie de la dynastie des Romanov, mais que je ne suis pas le Tsar, donc cela m'est difficile de vous répondre, mais je vais tenter de vous expliquer personnellement ce que j'en pense. Je crois que le fait qu'il ne peut y avoir qu'un homme qui peut diriger la Russie est peut-être une tradition, si je puis m'exprimer ainsi. Cependant, de nos jours, plus personne ne se pose ce genre de question puisque le tsarisme a été détruit et qu'il n'y a plus personne sur le trône. Certes, votre question me laisse sans mot, mais sachez que je suis totalement d'accord avec vous sur le fait qu'une femme aurait autant pu monter sur le trône qu'un homme. Alors pourquoi pas une impératrice comme vous le dites vous-même? Je voudrais aussi vous remercier personnellement pour l'annonce de mon oncle, mais vous ne dites pas de quoi il est mort, il me semble qu'il était en parfaite santé. Je tenterai de me renseigner auprès mon père. Merci de votre soutien et vos condoléances, cela me touche énormément. Que Dieu vous bénisse, Grande Duchesse Maria Nicolaievna Romanova Ekaterinburg, 1918. Votre Majesté, C'est un grand honneur pour moi d‘écrire à la représentante d'une aussi prestigieuse dynastie que celle des Romanov. Je vous écris depuis la Belgique et sachez, votre Majesté, qu'aucune des souffrances imposées à votre famille et à votre peuple par les bolchéviques ne nous est inconnue. La privation de liberté, les intimidations, les menaces, les humiliations et les conditions intolérables de votre emprisonnement augurent mal de l'avenir que ces personnages réservent à la Sainte Russie millénaire. Enfin, pour éviter de parler de ces choses déprimantes, et comme de toute façon, il est impossible de réécrire l'Histoire, j'aimerais vous interroger sur une question de succession dynastique. Il me semble que la monarchie russe privilégie la primogéniture légitime masculine dans l'ordre de succession au trône. Cependant, la Russie a connu plusieurs grandes tsarines et l'Impératrice Douairière (votre grand-mère paternelle) a déclaré que c'était en dernier ressort au peuple de Russie de décider. Si la monarchie russe venait à traverser avec succès les épreuves qui lui sont imposées et en l'absence d'héritier masculin, le choix d'une tsarine serait-il possible? La mauvaise santé de votre frère Alexei et le décès de votre oncle le Grand Duc Michel (je suis désolé de devoir vous apprendre cette mauvaise nouvelle et vous présente mes sincères condoléances) laisse planer l'incertitude sur ce sujet. Alors pourquoi pas une impératrice? Amicalement et dans l'espoir de meilleurs jours, Gérard Lison Cher G. Lison, J'ai déjà répondu à votre première lettre, alors pourquoi m'en envoyer une deuxième identique? L'avez-vous bien reçue tout de même? Il me fera plaisir de vous répondre à une autre lettre, avec une autre question si possible. Je vais tout de même répondre une deuxième fois à votre lettre. Comme je vous l'ai déjà dit, le tsarisme a été détruit avec la Révolution, et le Tsar n'a plus aucun pouvoir, mais je crois que l'on tente tout de même de nous protéger. Vous m'avez demandé si le choix d'une tsarine aurait été une bonne idée. Je crois sincèrement que c'est une bonne idée, si seulement vous l'aviez proposée plutôt, lorsque nous avions encore du pouvoir et la possibilité de nous occuper avec amour de notre très chère Russie. Cela me manque tellement! Cette époque-là était moins compliquée et tous étaient heureux! Enfin, je ne m'égarerai pas plus loin de la question. Mais, pourquoi pas une impératrice? Je me le suis déjà demandé, en fait. Pourquoi ma mère n'était-elle considérée que comme la femme de mon père et non comme la femme exceptionnelle qu'elle est? Peut-être sommes-nous à la mauvaise époque? Pourquoi toujours autant de grandes questions sans réponse, même pas une infime? Votre question fait sans doute partie de ces grandes questions sans réponse. Je ne vous ennuirai pas plus avec mon baratin. Dieu vous bénisse mon ami, Grande Duchesse Maria Nicolaievna Romanova Ekaterinburg, 1918. Majesté, Je vous présente mes humbles excuses si ma lettre a été envoyée en double, sans doute un problème au niveau de l'expédition. Je maîtrise encore très mal ce nouveau moyen de correspondre qu'est Dialogus. Humblement vôtre, G Lison Cher G Lison, Ne vous excusez pas pour une chose qui n'est pas de votre faute! J'ai pris un grand plaisir à vous répondre. Réécrivez-moi bientôt! Grande-Duchesse Maria Nicolaievna Romanova Ekaterinburg, 1918 |