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Très chère Maria,
Je prends de plus en plus goût à vous écrire,
d'autant que je lis beaucoup sur vous et votre famille. Beaucoup de
personnes en l'an 2009 pensent encore à vous. J'ai un ami russe qui
écrit un livre sur vous et les vôtres. Je trouve la vie très injuste,
Maria.
J'aimerais tellement ne pas devoir vous faire part de ma
tristesse, parce que l'histoire ne sait pas ce que vous êtes devenus
après la nuit du dix-sept au dix-huit juillet 1918, lorsque qu'on vous
aurait demandé de vous cacher dans une cave de la villa Ipatiev.
Certains disent que les bolcheviques vous ont fusillés, et d'autres
refusent cette hypothèse. Moi je préfère penser que vous avez tous été
épargnés et que vous avez vécu longtemps dans des pays amis, peut-être
loin de votre mère patrie, la Russie, mais au moins sains et saufs.
J'aime
également à croire qu'un remède a été trouvé pour Aloysha. Maria,
prenez soin de vous. Je connais votre dignité à vous ainsi que celle
votre famille. Sachez simplement que vous avez une amie qui vous porte
beaucoup d'affection et que même si les années et les grandes portes du
temps nous séparent, je prie pour vous.
Que Dieu vous bénisse ma très chère Maria. Dieu protégera le tsar et les siens, je le sais.
Votre amie Christelle
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