| Clémence Bonicel | ||
| Vos meurtres | ||
| Bonjour à vous monsieur Robespierre, Mademoiselle, Puisque vous aviez tant de questions à me poser, je voudrais vous faire remarquer que depuis longtemps vous aviez grâce à Dialogus toute la liberté d'en obtenir les réponses! Il suffisait pour cela de consulter quelques-unes de mes interventions antérieures car vous n'êtes certainement pas la première à étaler de telles sornettes. Qu'il y ait autant d'opinions qu'il peut y avoir de gens, cela ne surprend guère. Mais qu'encore à votre époque, on trouve des gens pour distordre des vérités historiques, cela paraît hélas, bien affligeant. Vous me voyez encore plus atterré devant une telle obstination à ne guère vouloir se renseigner. Voyez-vous, mademoiselle, ce sont les mensonges et les calomnies qui ont été mes plus grands, mes plus implacables ennemis de toujours, et je vois que c'est encore le cas, à cause de ceux, qui, comme vous, les entretiennent et se contentent de les répéter sans se donner la peine de réfléchir pour distinguer le vrai du faux. Vive la République! Bonjour à vous. Merci pour votre réponse. En fait vous n'avez pas très bien compris mes questions ou peut-être les ai-je mal formulées. Si tel fut le cas, veuillez m'en excuser. Pensez-vous que tuer des gens n'ayant pas vos opinions peut sauver la révolution? Si oui pourquoi? Quand aux sornettes, vous savez, cela dépend évidemment beaucoup de comment on perçoit les choses. Veuillez accepter mes excuses. Peut-être ai-je été un peu dure avec vous. Clémence Mademoiselle, Votre question n'a pas de sens. Mes opinions resteront les miennes, les opinions des autres resteront les leurs. Le salut de la Révolution n'en dépend point, ce sont les actes contre-révolutionnaires que la loi punit. Vive la République! Maximilien Robespierre Bonjour à vous, Je voudrais vous demander pourquoi depuis le début de notre correspondance vous me vouvoyez. N'est ce pas interdit? Et pourquoi m'appelez-vous «mademoiselle»? Clémence Bonjour, Je m'étonne de devoir une fois de plus vous expliquer les choses qui paraissent pourtant être évidentes. Dans votre première missive, vous disiez avoir 15 ans; je vous crois donc trop jeune pour prétendre au titre de femme mariée, et certainement pas assez grande pour vous décerner celui de Citoyenne. Je vous vouvoie car sans fausse modestie, j'ai reçu une bonne éducation et ne vais pas tutoyer une jeune demoiselle, car même si ses manières laissent à désirer, il n'est pas interdit d'être poli avec elle. Si toutefois cela vous déplaît, je vous propose de mettre un terme à ce que vous appelez «notre correspondance», et que je qualifierai plutôt comme un échange ennuyeux sans intérêt aucun, voire une pure perte de temps. Avec mes salutations, Maximilien Robespierre |
| | |