| Patrice | ||
| Origine des idées de la révolution | ||
| Cher Robespierre, Citoyen, Je crains que l’exercice que vous me demandez ne soit point réalisable. Je pourrais vous citer le grand Rousseau qui évoque la nature et le contrat, mais il y a Montesquieu qui vous parle des lois justes et injustes, et il y a Mably nous enseignant les droits d'un citoyen, et avant, il y avait La Boétie condamnant l’absolutisme et la servitude volontaire, et avant lui il y avait l’excellent Locke et son «Traité du gouvernement civil», et le peuple anglais osant renverser la monarchie, etc. etc. Qui saurait dire à quel moment l’étincelle de la liberté naît dans le cœur des hommes, et quand un peuple ose réclamer la sienne? La reconquête par un peuple de sa liberté commence au moment même où il la perd, car l’homme est né pour être libre, et rien ne peut faire taire ce sentiment. C’est pour cela que je crois que le despotisme de la monarchie absolue ne pouvait davantage perdurer. Mais je ne suis guère différent du peuple, et je l’aurais suivi dans sa défaite et dans sa résignation comme j’avais embrassé son combat. Restant votre dévoué et sincère concitoyen, Salut et fraternité! Maximilien Robespierre |
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