L'homme et le mal |
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Bonjour à vous, Robespierre. Voici une question qui me turlupine depuis longtemps...
Je n'oserai point vous presser d'y répondre (car je crains que vous n'ayez
un horaire assez chargé) en temps normal, mais votre réponse à
la question que je vous poserai sera la base d'un travail d'école qui est
à remettre dans deux semaines. Si vous croyez être dans l'impossibilité
de me répondre, veuillez me le communiquer afin que je puisse ajuster ma recherche.
Dites-moi, enfin, si nous, humains, tous autant que nous sommes, naissons avec le
mal en nous. Devrons-nous combattre cette vipère jusqu'à la fin des
temps ou bien est-ce la vie, le destin, qui façonne la haine qui réside
en certains? Merci. |
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| Bonjour à vous, citoyen, La question que vous me posez, occupe depuis l'éternité les philosophes du monde entier; il serait fort insolent de ma part de concourir audacieusement à leurs lumières pour la trancher. Certes, le vice et la vertu qui gouvernent ce monde, prennent leur source dans les passions de l'homme. Selon la direction qui est donnée à ses passions, l'homme s'élève jusqu'aux cieux, ou s'enfonce dans des abîmes. Mais les passions elles-mêmes sont l'ouvrage de la société. Je suis enclin à croire au citoyen de Genève qui disait «l'homme est bon» même si les hommes sont méchants. Il est donc à penser que l'homme naît bon, comme dans l'état de nature, il n'y a que la vie dans la société qui le pervertisse. C'est pour cela que le but de toute institution gouvernementale est de diriger les passions humaines vers la justice. N'étant pas philosophe, je ne serai pas mécontent si un autre penseur nous présentait les choses d'une manière différente pourvu qu'il fût convaincant. Avec mes salutations, Maximilien Robespierre |